Intersport déroule son jeu d’une main de maître ! Avec la reprise en avril 2023, pour 35 millions d’euros, de l'enseigne de sport Go Sport et de ses 68 magasins, Intersport a fait un bond de géant en France, lui permettant de flirter avec les 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024 (+6,3%) et près de 1 000 magasins sur le territoire. Son objectif ? Piquer la première place à Decathlon, qui compte 320 points de vente en France pour un chiffre d’affaires de 4,7 milliards d’euros en 2024 (+0,07%).

Mais pour faire tomber le roi, Intersport ne mise pas que sur la force brute. La coopérative dégaine une nouvelle arme stratégique, une plateforme de marque baptisée «Engagés Sport». Son message est clair : rendre le sport, une activité encore jugée trop chère, accessible à tous les Français. Selon une étude OpinionWay réalisée du 20 au 24 juin pour Intersport, 46% des Français jugent le sport financièrement inaccessible, et 57% d’entre eux affirment qu’ils feraient davantage de sport si le prix du matériel baissait de 20 à 30%.

Être le moins cher du marché

Alors Intersport passe à l’offensive sur les tarifs pratiqués en magasins comme sur son site de vente en ligne. «Le prix est un frein majeur à la pratique sportive. Faire tomber cette barrière est un levier de croissance essentiel. Nous étions déjà compétitifs sur les prix mais pas assez reconnus sur ce sujet par nos clients», explique Gérard Leclerc, président directeur général d’Intersport France et Belgique depuis septembre 2024. Alors à partir de fin juillet, 1 000 articles seront affichés à moins de 10 euros parmi les produits de ses cinq marques propres (MDD) : Nakamura, McKINLEY, Energectics, Pro Touch et Firefly, dont les ventes ont progressé de 70% en l’espace de cinq ans. Par exemple, il sera possible de vous équiper d’une tenue complète pour débuter un sport (foot, natation, scolaire) à moins de 20 euros.

Du premier prix oui, mais sans compromis sur la qualité. «Le sourcing de nos produits est très important. Nous collaborons avec des entreprises partenaires françaises pour limiter notre approvisionnement en dehors de l’Europe», détaille Gérard Leclerc. S'ajoutent à cela des promotions tous les jours de l’année sur ses articles MDD et sur les marques internationales. Mais le coup de grâce ? Les «prix engagés». Tous les trimestres, sur 150 à 200 articles de grandes marques parmi les plus vendus, Intersport s’engage à proposer les prix les moins chers du marché. Hoka, Asics, Adidas…, selon Intersport, il sera impossible de trouver ces produits moins chers ailleurs. Comment ? «Nous allons prendre sur nos marges et négocier avec nos fournisseurs», explique-t-il.

Atteindre 4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires cette année

L’ambition est claire : atteindre 4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France fin 2025. Interrogé sur les performances d’Intersport sur les six premiers mois de l’année, le PDG se montre confiant : «La tendance est positive. Intersport enregistre une croissance de ses ventes au-dessus de celle du marché (+1,2%, ndlr)». Le challenger se rapproche du roi…