
Le CAC 40 avait bien entamé l’année 2026, gagnant près de 7% sur les 2 premiers mois tandis que les indices actions américains piétinaient, sans relief. Le déclenchement de la guerre contre l’Iran décidée conjointement par Israël et les États-Unis a propulsé le prix du baril de pétrole sur la zone des 100 dollars dès le 3 mars. Depuis, en dépit de ses pertes humaines et militaires, l’Iran parvient à semer le trouble au Moyen-Orient et à paralyser le détroit d’Ormuz. L’administration américaine a péché par négligence en minimisant le pouvoir de nuisance des gardiens de la révolution. L’Iran n’est pas le Venezuela !
C’est la première fois que le détroit d’Ormuz connaît un tel blocage. Si la situation perdure trop longtemps, le prix du pétrole brut WTI pourrait passer la barre des 100 dollars et se diriger vers les 140 dollars, niveau observé en 2008. Et si ce seuil était lui-même franchi, le marché se trouvera en terra incognita avec le risque extrême d’une envolée sur les 250 dollars. Les conséquences pour l’économie mondiale seraient catastrophiques : on aurait affaire au troisième choc pétrolier et à une récession féroce doublée d’un choc inflationniste majeur.
Le plongeon du CAC 40 depuis son record est à relativiser et la Bourse des Etats-Unis a assez bien résisté au choc
C’est un scénario de l’extrême avec un risque de réalisation assez faible, disons de 20%. Trump devrait, en effet, trouver de «bonnes» raisons de sortir de ce conflit insensé. Cependant, plus le pétrole reste longtemps en tension, plus l’impact sur la croissance et l’inflation deviendra concret. Même si les marchés actions européens ont été choqués, ils ont seulement perdu ce qu'ils avaient gagné en début d’année. Rien de grave. Les actions américaines ont montré plus de résilience, subissant un léger effritement de quelques % (-6% en tout depuis le record pour le S&P 500, NDLR).
Cette solidité relative s’explique par le fait que les États-Unis sont le plus gros producteur de pétrole et ne dépendent de personne pour leur approvisionnement, contrairement à l’Europe. Aussi, l’argent ne disparaît pas, il change de poche : les majors sont là pour récupérer la mise… Dans ce contexte, le CAC 40 a perdu 10% depuis son record, relâchant quasi-instantanément le gain de 6% observé le 27 février. Selon l’analyse technique (analyse graphique et mathématique), le CAC 40 est aussi revenu sur le support de 7 900 points tout en corrigeant de près de 38% la séquence de hausse constatée depuis avril 2025.
Le CAC 40 doit-il craindre la montée des prix du pétrole ?
Historiquement, les deux chocs pétroliers de 73-74 et 79-80 avaient lourdement impacté la la Bourse du fait de la conjonction d'une récession d'ampleur et d'un choc inflationniste. Nous n’en sommes pas là : Il s’agit pour le moment d'une simple tension significative sur les prix du pétrole. Historiquement, on constate que tant que le prix du pétrole reste cantonné sous les 70 dollars, il n’a pas d’influence sur les actions françaises. En revanche, au-delà des 70 dollars, l’impact est plus tangible, entraînant une baisse du CAC 40 ou au mieux la suspension de sa trajectoire haussière (cf. graphique n°1).

Ainsi, après une correction de 10% et en l'absence de tensions supplémentaires au Moyen-Orient ou d'un autre phénomène trouble-fête, on peut penser que la (mauvaise) nouvelle est déjà intégrée dans les cours du CAC 40. Et si la situation ne s’enlise pas, les investisseurs en Bourse devraient revenir investir sur les actions françaises, qui bénéficient toujours d'une valorisation attractive et d'un environnement économique européen favorable (projets d’infrastructure, Europe de la défense, épargne massive...). La tendance haussière de long terme sur les actions en Bourse est intacte (cf graphique n°2).

Quel potentiel pour les actions de la Bourse de Paris et le CAC 40, selon l’analyse technique ?
Le marché actions de la Bourse de Paris évolue selon l’analyse technique à l’intérieur d’un vaste canal haussier dont le sommet se situe 25% plus haut (soit environ 10 000 points sur le CAC 40). Le graphique n°3 représente les actions françaises (MSCI France total return) à plus court terme. On constate que la sortie du trading range (intervalle de fluctuation des cours) entre juin 2024 et septembre 2025 a été suivie d’une belle accélération haussière jusqu’en février.

L’épisode de la guerre avec l’Iran a ramené les cours sur leur support et l’on peut considérer qu’un rebond sur cette zone est le cas le plus probable. L’objectif de sortie du trading range se situe 15% au-dessus des cours actuels, soit autour des 9 000 points sur le CAC 40. Tant que la zone de soutien de 7 700 points tient, le scénario d’un rebond doit être privilégié.















