La Bourse de Paris rouvre avec des couleurs, mais toujours hésitante dans un contexte d'incertitude. Peu après 10h, le CAC 40 repassait tout de même la barre symbolique des 8 000 points (8 019,66, +0,72%). Donald Trump a menacé de détruire l'Iran mardi soir si Téhéran ne répondait pas d'ici là à son ultimatum en rouvrant le détroit d'Ormuz, vital pour l'approvisionnement mondial en pétrole. «Ouvrez le Putain de Détroit, espèce de tarés, ou vous vivrez en Enfer - VOUS ALLEZ VOIR!», a également écrit Donald Trump sur son réseau social Truth Social.

L'environnement est «fondamentalement instable» et les «signaux restent contradictoires», d'après l'analyste John Plassard (Cité Gestion Private Bank). «D'un côté, les marchés ont été soutenus par une amélioration partielle de la situation dans le détroit d'Ormuz, où le trafic a atteint son plus haut niveau depuis plusieurs semaines», souligne-t-il.

Le pétrole à plus de 115 dollars le baril, le CAC 40 reste vigilant sur les taux à long terme

«D'un autre côté, le discours de Donald Trump a brutalement ravivé le risque d'escalade, avec des menaces explicites de frappes massives sur les infrastructures énergétiques iraniennes dans les prochaines heures, ce qui a immédiatement ravivé les tensions sur le pétrole et les anticipations inflationnistes», ajoute-t-il.

Véritable boussole des marchés, le pétrole continuait d'augmenter ce mardi matin. Le WTI américain dépassait les 115 dollars le baril (+2,74%) peu après 10h. Depuis plusieurs jours, le WTI est exceptionnellement plus cher que l'autre référence du brut sur les marchés, le Brent de la mer du nord (111,73 dollars, +1,79%).

«Dans ce contexte, les taux restent sous pression, les anticipations d’inflation remontent, et le risque d’une Fed plus restrictive réapparaît progressivement», note John Plassard. Le taux d'emprunt français à dix ans repassait à 3,70% mardi matin, contre 3,68% la veille.