À l'été 2025, Atol est entré au capital de la start-up lilloise ZAC, spécialisée dans la collecte et le reconditionnement de lunettes. Dès la rentrée 2026, 100 magasins proposeront une offre de lunettes de marques prisées comme Cartier, Chloé, Céline et Prada. «Les opticiens achètent ces produits 60 % moins cher que la monture d'une même marque. Et le consommateur bénéficie lui aussi de la même économie», précise Ophélie Vanbremeersch, fondatrice de ZAC.
Le projet de la start-up et du groupe Atol, se distingue également par son objectif éthique et sa mission d’employabilité pour des personnes handicapées ou en reconversion, au sein d’un pôle lillois de reconditionnement qui emploie plus de 2 000 personnes.

Sur le plan écologique, la collecte et le transport s’appuient sur les circuits existants, minimisant l’empreinte carbone et renforçant la crédibilité environnementale du produit reconditionné. «Il s'agit de soutenir un modèle d'économie circulaire vertueux, créateur d'emplois locaux pour des personnes éloignées du marché du travail, tout en offrant une solution tangible aux consommateurs soucieux de leur budget et de l'environnement», souligne Éric Plat, PDG d’Atol.

Du reconditionné, pas de la seconde main

Le processus de reconditionnement est rigoureux et standardisé. Chaque monture subit une intervention d'environ 20 à 25 minutes, représentant un investissement d'une vingtaine d'euros. Ce travail inclut le polissage, le changement des pièces défectueuses (manchons, plaquettes) et une remise en état complète. L'élément le plus important pour le consommateur est la garantie.

Contrairement à un achat d'occasion sur une plateforme de seconde main, le produit reconditionné par ZAC bénéficie d'une garantie légale de deux ans, comme un produit neuf. De plus, un numéro EAN est attribué à chaque produit, ce qui permet aux porteurs de lunettes de vue de bénéficier du remboursement par leur mutuelle. «Nous faisons du reconditionné, pas de la seconde main» insiste Ophélie Vanbremeersch. «Notre cahier des charges est très strict avec plusieurs contrôles qualité», poursuit-elle. Cette approche élimine tout risque pour le consommateur qui souhaiterait y faire monter des verres correcteurs coûteux.

À l’échelle d’une «bonne collection»

Le lancement de ces lunettes reconditionnées s'effectue de manière progressive. Les cent points de vente du réseau qui ont souscrit au programme, recevront chacun un stock initial de 40 montures au mois de janvier prochain, soit 4 000 pièces mises sur le marché. Mais l’ambition d’Atol est significative. «À moyen terme, l'objectif, c'est de vendre entre 50 000 et 100 000 pièces en vitesse de croisière», confie Éric Plat. Un tel volume positionnerait l'offre des lunettes ZAC au niveau d'une «bonne collection» traditionnelle pour le groupe.

Le potentiel de marché global pour les lunettes reconditionnées est estimé à environ 10 % du marché total de l'optique, là où celui de la mode textile est déjà autour des 35 %