Le débat de l’installation de caméras dans les avions reprend de plus belle. Willie Walsh, le directeur général de l’Association du transport aérien international (IATA), a fait une déclaration, reprise par Air Avion. Après le crash du Boeing Air India, qui a fait 279 victimes, il se dit persuadé qu’il faut installer des caméras dans les cockpits, car elles permettraient aux enquêteurs de visionner ce qui se passe en cabine dans le cas d’un crash. «À titre personnel, je pense qu’il existe un fort argument en faveur de l’inclusion de la vidéo dans le cockpit», explique-t-il.

Ces propos arrivent après les premiers éléments présentés par des enquêteurs du Bureau indien d’enquête sur les accidents aériens, le 11 juillet dernier. Selon leurs recherches, deux interrupteurs de carburant du Boeing 787 avaient été désactivés quelques minutes après le décollage, entraînant la coupure du moteur en plein vol. Les enregistrements vocaux permettent d’avoir l’échange entre les pilotes : l’un demande à son copilote s’il a coupé les moteurs, et le copilote lui affirme que non.

Une avancée pour la sécurité, à quel prix ?

Pour Willie Walsh, l’absence de caméra dans l’avion est un angle mort pour l’enquête. «Notre secteur a toujours été ouverts au partage d’informations dans ce secteur», a-t-il rappelé. Pour lui, disposer de vidéos de l’intérieur de l’avion permettrait d’avoir de nouvelles données, qui aideraient au déroulé de l’enquête. Mais ce n’est pas l’avis de tout le monde. Pour les pilotes par exemple, il y a une réticence. Citées par Reuters, la Fédération internationale des associations de pilotes de ligne dénonce une mesure qui présente de nombreux risques, par exemple pour la confidentialité des enregistrements.

En ce qui concerne la France, la loi est stricte. La CNIL rappelle que la présence de caméras sur un lieu de travail ne peut se faire que dans un but légal et légitime, et donc pas pour surveiller des salariés. Leur présence dans un cockpit est un sujet délicat, notamment en raison de l'équilibre entre sécurité des vols et vie privée rend la question très sensible. Pour le moment, le rapport du bureau indien d’enquête sur les accidents aériens ne donne aucune réponse claire ni définitive.