
L’enquête sera longue et les familles le savent. Toutefois, elles souhaitent obtenir des réponses dans un délai raisonnable. Il y a presque deux mois, le 12 juin, un Boeing 787 de la compagnie indienne Air India s'est écrasé juste après le décollage à Ahmedabad. Bilan du drame : 260 personnes, passagers, membres d’équipage et civils au sol, et un seul survivant. Depuis, un premier rapport préliminaire a dédouané la compagnie et surtout le constructeur Boeing, laissant ouverte la porte à une erreur des pilotes.
De premiers enregistrements dévoilés ont relancé la théorie d’une erreur humaine, puisque les interrupteurs de carburant des moteurs auraient été coupés. Le Wall Street Journal a également publié des échanges entre le commandant de bord et son copilote, laissant planer le doute sur le profil psychologique du pilote, Sumeet Sabharwal. C’est à la suite de ces révélations que les familles des 260 victimes réclament aujourd’hui des comptes aux enquêteurs, relaie TVA Nouvelles. Si jusqu’à présent le rapport du Bureau indien d'enquête sur les accidents aériens (AAIB) n’attribue aucune responsabilité, la réaction du copilote interroge.
Vers une action de groupe en justice ?
Dans les extraits dévoilés, le copilote demande au pilote principal pourquoi il a coupé l’alimentation en kérosène. Ce dernier aurait répondu qu’il ne l’avait pas fait, avec un certain sang-froid. «Nous demandons formellement la divulgation immédiate de l'enregistreur vocal du cockpit et de l'enregistreur des données du vol [soit] la boîte noire», a déclaré un des membres de la famille de plusieurs victimes, Imtiaz Ali Sayed. Pour lui et les autres familles, les boîtes noires contiennent «des informations vitales qui peuvent révéler la vérité derrière cette tragédie horrible».
L’homme, qui a perdu son frère, mais surtout sa femme et ses deux enfants, a dit s’exprimer au nom de soixante familles «qui partagent la même douleur et les mêmes questions sans réponse». Selon lui, «chaque jour sans réponses augmente la douleur des pertes [que nous avons subies] et érode la confiance du public dans la sécurité aérienne». Cette sortie médiatique a été l’occasion également de révéler que des familles avaient l’intention de porter une action en justice contre Air India et Boeing.
Le but étant de mettre la pression sur la compagnie et l’avionneur afin d’obtenir la vérité, comme l’a dévoilé l’avocat américain de 65 familles issues d’Inde et de Grande-Bretagne. «Supposons que l'enregistreur des données du vol et l'enregistreur des conversations dans le cockpit indiquent qu'il y a une défectuosité relative à l'avion... Dans ce cas les options sont de déposer une plainte pour produit défectueux ou responsabilité du produit aux États-Unis», a-t-il annoncé. Certaines familles ont vécu un traumatisme lors de la restitution de corps en s’apercevant qu’il ne s’agissait pas d’un de leur proche.
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