
Petit à petit, le film ayant mené au drame qui s’est joué le 12 juin dernier à Ahmedabad, en Inde, prend forme. Après la publication du rapport préliminaire sur le crash du Boeing 787 d’Air India, coûtant la vie à 260 personnes, on apprenait que les moteurs avaient été privés de kérosène. En effet, les commutateurs de carburant ont été placés en position «off» pour une raison inconnue. D’après l’enregistrement des conversations dans le cockpit, un des pilotes aurait demandé à l’autre «pourquoi il avait coupé l’alimentation en carburant». Très rapidement, le second lui aurait répondu qu’il «ne l’avait pas fait».
Finalement, une minute plus tard, le Boeing 787 émettait un signal de détresse avant de s’écraser. Une possible erreur humaine donc, encore à prouver, mais de nouveaux éléments sur le profil du commandant de bord dévoilés par le Wall Street Journal, et relayés par Le Parisien, interpellent. En effet, ce serait l’Indien Sumeet Sabharwal, pilote expérimenté de 54 ans, qui aurait mis en position «off» l’interrupteur de carburant. Des enregistrements, non révélés au public, montrent que son copilote, Clive Kunder, lui demande avec «surprise», pourquoi il a coupé ces interrupteurs. Puis, il semble «paniquer» quand Sumeet Sabharwal serait resté «calme».
Plus qu’un ou deux vols à effectuer ?
A ce jour, rien n’indique formellement que le commandant de bord a mis en position «off» l’interrupteur. Mais son profil, décrit comme dépressif par The Sun qui a interrogé un ancien pilote instructeur du Boeing 737, pose question. Il aurait mal vécu le décès de sa mère ces derniers mois. Toutefois, ces informations sont à prendre avec des pincettes, puisque selon sa voisine, il aurait déclaré qu’il comptait désormais s’occuper de son père âgé de 92 ans et qu’il lui restait «juste un ou deux vols». En outre, il avait appelé sa famille avant le drame, assurant qu’il les appellerait une fois arrivé à Londres.
These are the first pictures and names of the pilots of the ill-fated Air India plane that crashed just moments after take-off.
— Breaking Aviation News & Videos (@aviationbrk) June 12, 2025
Captain Sumeet Sabharwal, who had 8,200 hours of experience, was today named as the pilot of the Boeing 787 Dreamliner.
First Officer Clive Kunder,… pic.twitter.com/dCazebwD0F
Avec plus de 15 600 heures de vol au compteur, Sumeet Sabharwal possédait une licence valide jusqu’au 14 mai 2026, précise Le Parisien. Il pouvait voler sur des Boeing 787, Boeing 777 et Airbus A310. Dans le Times of India, ses collègues ont évoqué un homme «très calme et appliqué». Son copilote, lui, avait une licence valide jusqu’en septembre 2025 et pouvait officier en tant que copilote sur des A320 ou 787. L’un de ses proches l’a aussi décrit comme «un homme au cœur tendre». Il avait plus de 1 100 heures à son actif.
La Fédération des pilotes critique le rapport
Après le drame, Air India avait salué le pilote, «un aviateur exceptionnel, un professionnel dévoué et un membre bien-aimé de la famille Air India». Selon le rapport préliminaire, l’interrupteur est repassé en mode «ouvert» juste avant le crash. La suite de l’enquête permettra sans doute d’en dire plus. Comme le rappelle Air Journal, la Fédération des pilotes indiens (FIP) a critiqué ce rapport préliminaire, l’accusant de manquer de données exhaustives et de faire un usage sélectif d’extraits de l’enregistreur vocal (CVR).
>> Notre service - vol annulé / retardé, êtes-vous éligible à une indemnisation ?

















