Jamais ils ne l’admettront, mais Sony et Microsoft sont passés maîtres dans l’art de gérer la pénurie. A chaque sortie d’une nouvelle génération de leur console de jeu, ils écoulent les machines en quantité limitée histoire de tenir les aficionados en haleine. Une démarche marketing un brin perverse, mais qui jusqu’à présent leur a toujours réussi. L’an dernier pourtant, la disette qui a suivi le lancement de la PlayStation 5 et de la Xbox Series n’a pas été de leur fait.

Si ces consoles "next gen" sont vite devenues des raretés dans les rayons des distributeurs, c’est parce qu’il manquait des puces électroniques pour les fabriquer ! Le fournisseur attitré des deux entreprises, l’américain AMD, a en effet mal anticipé les besoins, et la production des machines en a été perturbée. Depuis, au grand dam des fans, c’est toujours la dèche. "La situation devrait s’améliorer d’ici la seconde moitié de l’année, mais nous n’avons pas de baguette magique !", avouait en février dernier Jim Ryan, le patron de la division jeux vidéo de Sony…

Même avec les pouvoirs de Merlin l’Enchanteur, pas sûr qu’il puisse changer la donne. Car des puces, tout le monde en cherche ! Dans l’électronique grand public donc, mais aussi dans les télécoms ou l’automobile, tous gros consommateurs de "chips", elles sont devenues des denrées dont la rareté a fini par gêner l’activité. Paradoxalement, la crise sanitaire n’est pas pour rien dans cette situation inédite. La généralisation du télétravail a par exemple stimulé les ventes d’ordinateurs. En 2020, il s’est écoulé 275 millions de PC dans le monde. "C’est la croissance la plus forte depuis dix ans", explique-t-on chez Gartner.

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