
Les prix des appartements anciens ont fait du surplace dans les 50 plus grandes villes de France en novembre. Selon les données collectées par le portail d’annonces immobilières SeLoger pour Capital, le prix moyen au mètre carré a, au mieux, augmenté de 0,9% par rapport à octobre, et, au pis, baissé de 1,1%. «Novembre est la copie d’octobre. Nous sommes entrés depuis la fin septembre dans la période traditionnellement la moins dynamique pour le marché immobilier», les ménages achetant plutôt au printemps afin d’emménager l’été, avant la rentrée scolaire, explique Alexandra Verlhiac, économiste chez SeLoger. Ce qui est donc «étonnant», selon elle, «ce sont les villes où les prix ont monté, même légèrement, le mois dernier», comme La Rochelle, Quimper ou Mulhouse. Des hausses qui «peuvent être le signe annonciateur d’un redémarrage anticipé du marché dans ces villes, avant le printemps 2025», avance Alexandra Verlhiac.
Sur un an, les prix des appartements anciens dans les 50 premières villes du pays présentent une configuration autrement plus intéressante. Une grosse moitié d’entre elles continuent de voir leurs prix chuter, avec en tête de peloton Le Mans (-12,6%). Dans cette ville située à une heure de TGV de Paris, «les prix des appartements avaient énormément monté après le Covid, de 32% en moyenne entre mai 2020 et mai 2023, rappelle Alexandra Verlhiac. Et ils ont commencé à baisser plus tard que dans d’autres villes, à partir de mai-juin 2023», dans le sillage du ralentissement des transactions lié à la remontée rapide des taux de crédit entre début 2022 et début 2024. Le plongeon de 12,6% des prix au Mans résulte donc d’une correction plus tardive que pour l’ensemble du marché.
Le cas particulier d’Antibes, Cannes et Nice
D’autres villes accusent des baisses de prix sensibles sur les 12 derniers mois, à l’image de Lyon (-7,1%), Grenoble (-6,4%), Mérignac (-6,4%), une commune limitrophe de Bordeaux, ou encore Nantes (-5,7%). «A Nantes, Lyon, Bordeaux, les prix avaient fortement monté avant la crise immobilière» qui a débuté mi-2022, recontextualise Alexandra Verlhiac. Il est donc logique qu’ils baissent plus fortement que dans d’autres villes.
A l’opposé, une vingtaine de communes affichent des prix en hausse sur un an. Des augmentations certes sans rapport avec celles à deux chiffres connues avant la remontée des taux de crédit. Mais à Cannes, Antibes et Nice, les prix des appartements anciens ont tout de même crû de 3% à 4% au cours des 12 derniers mois. Le cas de ces trois villes est assez particulier, leur marché étant porté par «des secundo-accédants, des achats de résidences secondaires, qui sont moins dépendants du recours au crédit», les acquéreurs pouvant les financer grâce à la vente d’un premier bien, explique Alexandra Verlhiac.
Une poursuite de l’exode urbain
Marseille, où les prix ont augmenté de 3,4% sur un an, présente un cas de figure différent. «La ville a gagné en attractivité depuis le Covid et les prix y sont moins élevés que dans d’autres grandes villes», analyse l’économiste de SeLoger. Comptez en effet 3 633 euros le mètre carré en moyenne pour acheter un appartement dans la capitale phocéenne, contre 4 614 euros à Lyon et 9 282 euros à Paris.
Bourges et Orléans voient même leurs prix progresser de près de 4% sur un an. «Il y a un redémarrage assez fort des transactions immobilières à Bourges depuis le début de la baisse des taux, au printemps dernier», observe Alexandra Verlhiac. La conséquence, là aussi, de la poursuite d’un certain exode urbain post-Covid, vers des villes où les prix n’excèdent pas 1 901 euros et 2 511 euros le mètre carré, respectivement.



















