Après avoir vainement attendu, cet été, que les taux de crédit passent sous les 3%, les prétendants à l’accession à la propriété ne doivent pas se bercer d’illusions quant à une prochaine baisse des prix. «Les prix ont arrêté de baisser», martèle Thomas Lefebvre, vice-président du groupe SeLoger/Meilleursagents en charge des datas, lors d’une conférence de presse, ce mardi 2 septembre. Après trois années de recul, dans des proportions parfois «historiques», souligne-t-il, les prix des appartements anciens affichent une légère hausse de 0,8% dans l’ensemble de la France au 1er septembre, sur un an, alors qu’ils étaient encore en repli de 1,3% sur la période de septembre 2023 à septembre 2024. Et ils ne vont pas s'arrêter là, SeLoger tablant sur une hausse des prix de 1% à 2% sur l'ensemble de l'année 2025, par rapport à 2024, puis sur une augmentation comprise entre 2% et 3% en 2026.

La remontée des prix s’observe particulièrement dans les grandes métropoles, avec des prix qui ont rebondi de 2,3% à Paris ces 12 derniers mois, de 2,5% à Lyon et de 3,6% à Bordeaux. Mais, bonne nouvelle pour les aspirants acheteurs, Thomas Lefebvre discerne «une exception» parmi les 10 plus grandes villes de France : Rennes, où les prix ont encore plongé de 4% en l’espace d’un an. Il faut dire qu’ils «s’étaient envolés de 60% entre 2015 et 2022», à la faveur de taux de crédit très bas et de l’engouement post-Covid pour les villes de province aisément accessibles en train depuis Paris, rappelle le dirigeant. «A Rennes, il y a un problème de pouvoir d’achat immobilier, que les habitants n’ont pas encore retrouvé, comme cela était encore le cas il y a peu à Nantes», où les prix commencent seulement à remonter, explique-t-il.

MaPrimeRénov’ : deux types de travaux exclus des aides dès 2026

Immobilier : à Paris, 1 vendeur sur 5 contraint de brader son appartement

Correction de hausses excessives et insécurité

Outre Rennes, 8 des 50 plus grandes villes de France ont vu leurs prix dévisser de plus de 3% au cours des 12 derniers mois : Antibes, Bourges, Quimper, Tours, Tourcoing, Calais, Mulhouse et Villeurbanne (voir infographie). A Antibes, où nombre de personnes achètent comptant, les prix n’avaient pas baissé lorsque les taux de crédit avaient quadruplé, en 2022 et 2023, à contre-courant de la tendance nationale. Un ajustement était donc nécessaire. Comme à Tours, à une heure de TGV de Paris, et dont l’immobilier avait profité de l’exode francilien post-Covid. Idem pour Tourcoing, marché de report d’une ville de Lille devenue relativement chère.

Olivier Descamps, directeur général du réseau de mandataires immobiliers, voit une autre raison à la poursuite du plongeon des prix dans des villes comme Rennes, Grenoble, où ils ont baissé de 2,4% sur un an, et Nantes il n’y a pas si longtemps : «Toutes trois ont dégringolé dans les classements des villes où il fait bon vivre, en raison, notamment, de problèmes d’insécurité, très regardés par les acquéreurs.»