
Lentement mais sûrement, les prix des logements anciens remontent après trois ans de crise. En juillet, ils ont encore progressé de 0,1% en moyenne en France, à 3 115 euros le mètre carré, soit un rebond de 1,1% depuis le 1er janvier, selon les données publiées par le site d’annonces immobilières SeLoger, ce vendredi 1er août. Il faut dire que, de l’avis de tous les grands réseaux d'agences immobilières, le marché a enfin repris des couleurs au premier semestre.
Chez Laforêt, par exemple, le nombre de compromis de vente signés sur la première moitié de l’année s’est envolé de 17% par rapport aux six premiers mois de 2024. «Les acquéreurs ont été encouragés par la chute des prix de 8% survenue en 2023 et 2024, et par la baisse d’un point des taux de crédit depuis l’automne 2023, qui augmente d’environ 10% leur pouvoir d’achat», explique à Capital Yann Jehanno, président du réseau d’agences immobilières.
Ajustement des prix après la hausse post-Covid
Le marché ne risque-t-il pas de se gripper à nouveau si la remontée des prix observée depuis le début de l’année se poursuit ? Charles Marinakis, président du réseau Century 21 France, en convient : il ne faudrait pas que les prix augmentent de plus de 3% en 2025, au risque, sinon, de priver nombre de ménages de leur capacité d’achat retrouvée. Nous n’en sommes pas encore là et, dans certaines villes, la baisse des prix de 2023 et 2024 se poursuit. Sur la cinquantaine de communes étudiées par SeLoger, 11 accusent encore des chutes de prix de plus de 2% depuis le début de l’année. En pole position, Tourcoing et Roubaix, où les prix ont décroché de plus de 4% sur les six premiers mois, à moins de 2 000 euros le mètre carré, contre plus de 3 000 euros à Lille.
«Roubaix reste l’un des marchés immobiliers les plus abordables au sein de la métropole européenne de Lille», souligne SeLoger, qui attribue ce plongeon des prix à «un réajustement» après une augmentation rapide post-crise sanitaire. A Tourcoing aussi, «la baisse des prix suggère un ralentissement de la dynamique post-Covid et une correction après une phase de hausse rapide», avance le portail d’annonces immobilières. Voisines de Lille, à une heure de TGV seulement de Paris, mais bien moins chères, Roubaix et Tourcoing avaient en effet bénéficié de l’exode urbain intervenu juste après les confinements.
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Une réalité des prix à accepter
De la même façon, «le marché immobilier tourangeau a connu une forte progression entre 2020 et 2022, portée par un regain d’intérêt pour les villes moyennes», en particulier celles permettant de rallier aisément Paris en TGV, rappelle SeLoger. Qui constate «un ralentissement marqué en 2025, notamment dans Tours intra-muros», où le prix moyen du mètre carré a fléchi de 3,4% au premier semestre.
Une bonne nouvelle pour les acheteurs, «le cœur de l’agglomération tourangelle redevenant peu à peu envisageable, après plusieurs années de flambée», souligne le site d’annonces. Pour les vendeurs, c’est autre chose… Mais ils doivent «accepter cette réalité des prix», sinon, ils ne vendront pas, préviennent les notaires de France, dans leur note de conjoncture de juillet.




















