Les agents immobiliers seraient-ils parvenus à raisonner les vendeurs ? L’évolution des prix des appartements anciens en avril, publiée par SeLoger et Meilleursagents, le laisse penser. Le mois dernier, le prix moyen du mètre carré dans les 51 plus grandes villes de France a stagné, ramenant sa hausse depuis janvier à 0,3%. Dans le détail, un peu plus de la moitié des villes (26) ont vu leurs prix baisser. Des baisses égales ou supérieures à 1% à Caen, La Rochelle, Bourges, Brest, Nîmes, Nantes, Tourcoing, Colmar, Le Havre, Poitiers et Limoges.

Même Antibes, Cannes et Nice, où les prix n’avaient pas diminué en deux ans et demi de crise immobilière, accusent des baisses de 0,7% à 0,8%. Lille et Orléans sont les deux seules communes où les prix n’ont pas bougé d’un iota entre le 1er avril et le 1er mai. «Nous arrivons à nous faire entendre des vendeurs, auxquels nous expliquons que si leur bien ne se vend pas en un mois ou deux, cela signifie qu’il n’est pas au prix adéquat», explique à Capital Guillaume Martinaud, président de la coopérative d’agences immobilières Orpi.

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Vigilance sur l’adéquation du prix au marché

Une pédagogie nécessaire car nombre de vendeurs ont crû que la baisse quasi continue des taux de crédit, depuis leur pic de plus de 4% fin 2023, allait permettre aux acquéreurs d’acheter plus cher. Une illusion car les taux demeurent supérieurs à 3%, s’établissant par exemple à 3,20% pour les prêts sur 20 ans. Et il y a fort à parier qu’ils se maintiendront «autour de ce niveau au moins jusqu’à l’été», prévient SeLoger, pour qui «la perspective d’un taux moyen à 3% en juillet s’éloigne», dans un contexte d’incertitudes économiques et géopolitiques. C’est pourquoi «nous allons rester vigilants sur la question des prix», assure Guillaume Martinaud, qui exhorte les vendeurs à ne pas remonter leurs tarifs. Yann Jehanno, à la tête du réseau Laforêt, fait écho à son confrère : «A quels taux les acquéreurs emprunteront-ils dans un an, avec les tensions géopolitiques ? Mon message aux vendeurs est le suivant : vous avez retrouvé des acquéreurs finançables, profitez-en !».

Un conseil que les vendeurs ont bien du mal à suivre à Montpellier, Marseille, Paris et surtout Toulouse, où les prix ont respectivement augmenté de 0,4%, 0,6%, 0,2% et 0,9% en avril. Au Mans, à Saint-Etienne, à Metz, Rouen et Toulon, ils ont même progressé de plus de 1%. Mais ils oscillent entre 1 000 et 3 000 euros le mètre carré dans ces villes, contre une fourchette de 3 400 à 9 500 euros pour Montpellier, Marseille, Toulouse et Paris. A 0,6%, la hausse des prix est moindre à Bordeaux et «ils avaient beaucoup baissé, de 13% au plus fort de la crise», après le quadruplement des taux en 2022 et 2023, nuance SeLoger.

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