Leur installation à La Jarne, près de La Rochelle (Charente-Maritime), s’est transformée en véritable cauchemar. Un jeune couple, qui avait fait construire sa maison, s’est retrouvé endetté de 176 000 euros à cause d’un mauvais virement, révèle France 3 Nouvelle Aquitaine. En 2021, alors que leur habitation est achevée, la société de construction leur demande de régler le dernier solde des travaux par mail, joignant un RIB. Problème : le promoteur s’est trompé, les coordonnées bancaires transmises au couple appartiennent en fait à un artisan qui œuvre pour le constructeur.

«La personne en charge de notre dossier au sein de la société de construction m’appelle et me dit : j’ai fait la plus grosse erreur de ma carrière», raconte le jeune propriétaire à France 3. Mais le couple ne prend pas tout de suite conscience de la gravité de la situation, qui prend bien mauvaise tournure : l’artisan a dépensé une grande partie de l’argent et ne peut retourner que 70 000 euros. Le constructeur a porté plainte, contre l’artisan… mais aussi contre le couple. «Plus de trois ans de stress, de procédures, à mal dormir, à ne pas manger, à penser à cela tout le temps», livre le jeune homme.

Le couple doit payer à nouveau

Le tribunal de La Rochelle, lui, donne raison au constructeur et décide de condamner les jeunes acquéreurs à payer une seconde fois. Ils ont un mois pour faire appel, mais devront, dans tous les cas, régler la dette : «Dans un mois, on sera saisi de 70.000 euros, assurent-ils. Comme on ne les a pas, ils prendront sur nos salaires, les voitures puis éventuellement la maison.»

Leur avocat s’offusque de la situation, rappelant que «la première faute» est «celle du promoteur», et qu’il est «insensé de contraindre des gens à payer deux fois le résultat d’une erreur qui n’a pas été commise par eux». Entre-temps, l’artisan a disparu. Le couple risque de devoir engager lui-même une nouvelle procédure pour se faire rembourser. Le couple a ouvert une cagnotte en ligne, afin de réussir à payer les frais d’avocat, dans l’espoir de faire appel de la décision l’opposant au constructeur.