
Ils n’en reviennent toujours pas et trouvent la situation «ridicule». Pourtant, depuis une trentaine d’années qu’ils habitent au 23 rue de Dunkerque, à Courcelles-lès-Lens dans le Pas-de-Calais, jamais personne n’avait trouvé quelque chose à leur redire. Mais le 20 octobre dernier, la famille Loeuil a reçu une lettre de mise en demeure de son bailleur à cause de la décoration de sa maison pour Halloween, révélait Actu Pas-de-Calais. Depuis 1990 où ils y résident, ils n’avaient donc jamais reçu de plainte. Mais l’installation de la décoration le 19 octobre dernier a changé la donne, expliquent nos confrères.
Alors que la famille attendait une cinquantaine de personnes pour découvrir les décorations sur le thème de l’horreur, ce sont pas moins de 300 personnes qui ont afflué, indique de son côté France 3 Hauts-de-France. Résultat : le lendemain, le bailleur social leur a adressé une mise en demeure les menaçant d’expulsion. Selon ce courrier consulté par France 3, le fils des locataires (âgé de 23 ans, et qui a décoré les lieux cette année) n’aurait pas respecté les conditions du bail. «Lors de la signature du bail, vous vous êtes engagé à user paisiblement des lieux (…) et à user les lieux uniquement à l'usage d'habitation», peut-on lire.
Nuisances, produits inflammables, stationnement…
Parmi les plaintes du voisinage, plusieurs troubles auraient été causés le jour de la venue des visiteurs, comme des nuisances sonores, des problèmes de circulation, de stationnement ou la vente illégale de goodies. Lors de la soirée d’inauguration, des cracheurs de feu auraient également utilisé des produits inflammables. Il faut dire que pour cette «maison de l’horreur», le jeune homme avait vu les choses en grand cette année, avec de fausses toiles d’araignées évidemment, de fausses pierres tombales, des cercueils, des sculptures et des squelettes.
Mais ce n’est pas tout. Il avait également engagé des acteurs déguisés en monstres ou en tueurs en série, tenant des haches ou des tronçonneuses. Et la présentation de la maison avait fait le buzz sur les réseaux sociaux. Finalement, cette soirée qui s’annonçait festive est remontée aux oreilles du bailleur SIA Habitat. Pour le fils Loeuil, aller jusqu’à l’expulsion est «ridicule», a-t-il déploré auprès de France 3. Et d’ajouter : «Mon objectif, c'était de faire sourire les enfants, les familles qui n'ont pas forcément le budget pour aller dans des parcs d'attractions ou des fêtes le jour d'Halloween.»
Des discussions engagées avec la mairie
Dans un premier temps, un huissier de justice, mandaté par la mairie de Courcelles-lès-Lens et la SIA (société de logement), leur avait demandé d’arrêter immédiatement leurs décorations d’Halloween. Au micro de M6, la mère du jeune, et donc principale locataire, ne comprend pas non plus comment cette histoire a pu prendre de telles proportions. «Je paie mon loyer depuis 36 ans, je n'ai jamais eu un loyer en retard. On veut m'expulser pour une maison d'Halloween...»
Y aura-t-il une soirée d’Halloween ce 31 octobre ? Selon M6, la mairie a reçu la famille afin de pouvoir encadrer au mieux cette soirée. De son côté, la famille Loeuil a lancé une pétition qui a rassemblé plus de 2 400 signatures. Pour la municipalité, le dialogue est ouvert, et elle souhaite à terme trouver «un lieu plus adapté» car la maison reste «une belle vitrine pour la ville». Pour rappel, ce genre d’événement doit être déclaré en mairie à l’avance.
Auprès de Capital, Sia Habitat tient à préciser qu'il «encourage les initiatives de (ses) locataires qui participent à la vie de quartier». Mais cette année, «contrairement aux années précédentes, nous avons été saisis par la mairie et les forces de l’ordre en raison de débordements constatés sur l’espace public (...) Ces éléments ont soulevé de réelles préoccupations en matière de sécurité pour la Ville et les forces de l’ordre», ajoute-t-il. En outre, Sia Habitat assure qu'«aucune procédure d’expulsion n’est engagée à l’encontre de (ses) locataires» et que «depuis les ajustements, aucun nouveau trouble n’a été signalé. La situation est aujourd’hui stabilisée».
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