
Les vœux du Président de la République au soir du dernier jour de 2025 étaient parfaits. Une analyse lucide des troubles du monde et de notre pays, et une incantation puissante en faveur de l’unité nationale, au sein de la nation et entre ceux qui gouvernent la France, d’abord pour la doter d’un budget.
Plusieurs grandes causes ont été citées par le Chef de l’État, la lutte contre le dérèglement climatique, la souveraineté alimentaire grâce à nos agriculteurs, l’assistance à la fin de vie, d’autres encore. Rien sur le logement. Disons que c’était en filigrane, ou subliminal : il a parlé de solidarité et d’aide aux plus fragiles, et entre toutes les protections que l’État doit aux citoyens le logement vient en priorité. Il faut être clair : la situation des ménages quant au logement est très dégradée et l’incertitude liée à l’absence de projet de loi de finances pour 2026 en rajoute.
Bilan peu glorieux et divisions politiques
L’heure n’est plus à l’incantation. Si Emmanuel Macron pense à son bilan, il vit sa dernière véritable occasion de bien mériter du logement… qui figure à ce jour comme un terrible échec de sa politique. Plus exactement, le sujet n’a pas été traité et la remise à plat promise par le Président n’a jamais eu lieu : à sa place, des suppressions et des altérations de dispositifs existants, qui fonctionnaient bon an mal an, et des contraintes civiles et fiscales toujours plus nombreuses. Un bilan peu glorieux et sans logique interne.
Le débat budgétaire va révéler, le pays dos au mur, si les groupes politiques sont capables d’union pour le logement des Français, en confirmant le prêt à taux zéro élargi et prorogé, en votant enfin l’amortissement des logements locatifs neufs et existants avec travaux, assorti de taux variables selon le loyer, et une enveloppe de MaPrimeRénov suffisante pour que les performances environnementales du parc résidentiel s’améliorent sans délai de façon substantielle.
L'attente de maires bâtisseurs
Au-delà des parlementaires, députés et sénateurs, et du gouvernement, c’est une autre catégorie d’élus qui devra apporter la preuve de son attachement au logement, les maires. Nous allons les choisir ou renouveler leur mandat en mars prochain. Plus que jamais des édiles municipaux on va attendre qu’ils soient bâtisseurs, qu’ils veuillent densifier les immeubles existants, qu’ils favorisent la résorption de l’habitat insalubre et qu’ils trouvent les solutions d’hébergement pour les sans-abri.
Deux échéances donc pour réécrire l’histoire et faire rentrer le logement dans le logiciel de la classe politique, d’où il est largement sorti ces dernières années. On aura soin de ne pas mettre tous les responsables politiques dans le même panier : celles et ceux qui ont fait de la résistance et n’ont pas cédé à l’air du temps - pour reprendre l’expression du Président Macron lors de ses vœux, lui qui veut que la France n’y cède pas…
Sécuriser et accompagner les marchés
En face, le secteur du logement doit justement distinguer les décideurs qui lui sont restés des défenseurs de chaque instant, membre du corps législatif ou des exécutifs national et locaux, et ne pas sombrer dans le poujadisme et le raccourci du «tous pourris». En somme, c’est d’une inclusion réciproque qu’a besoin le logement. Il doit redevenir une préoccupation majeure des responsables publics, pour libérer les énergies, simplifier, sécuriser et accompagner les marchés, et les femmes et les hommes de l’immobilier doivent estimer de nouveau la classe politique, en mesurant que ses marges de manœuvre budgétaires se sont réduites comme peau de chagrin et que son rôle a évolué.
Cette réconciliation est vitale pour les deux parties. Voilà ce qui se joue en ces premiers mois de l’année 2026.


















