
Après 17 ans de procédure, le procès de l’affaire Apollonia s’est enfin ouvert le 31 mars dernier à Marseille. De 2002 à 2010, cette société d’investissement immobilier et de conseil financier, basée à Aix-en-Provence, est soupçonnée d’avoir démarché des clients fortunés pour les inciter à investir dans des biens, rappelle TF1. Cette vaste escroquerie immobilière, reposant sur des montages financiers opaques, donne aujourd’hui lieu à un procès hors norme comptant 762 parties civiles, 110 avocats et un préjudice total estimé à près d’un milliard d’euros.
Parmi les nombreuses victimes, Jean Humbert a accepté de témoigner auprès de nos confrères. Il y a 22 ans, il a investi dans 8 appartements pour assurer sa retraite et celle de son épouse. Il s’est laissé séduire par l’offre alléchante d’Apollonia qui promettait d’être financée entièrement grâce aux loyers et à une fiscalité avantageuse. «On s’en veut de s’être fait avoir», confie-t-il. «Il y avait quasiment une analyse psychologique. Vous donnez toute votre situation financière et familiale, donc à partir de ça, le vendeur crée une stratégie pour vous convaincre», explique-t-il.
«C’est le ciel qui vous tombe sur la tête»
Aujourd’hui, la dette de Jean Humbert s’élève à 1,2 million d’euros. «A 58 ans, quand vous découvrez ça, c’est le ciel qui vous tombe sur la tête», témoigne-t-il. Avant de poursuivre : «On n’avait pas le choix, on a arrêté de payer, et les huissiers sont arrivés. C’était quasiment tous les jours.»
«Aujourd’hui, on a des tas de situations qui sont toutes dramatiques. On a des dizaines de divorces, on a des gens qui ont mis fin à leurs jours. Ce qu’on veut, c’est sortir de cette affaire avec des gens qui puissent retrouver une vie normale», affirme Me Christophe Jervolino, avocat de plus de 200 victimes présumées, dont Jean Humbert. Parmi les prévenus figurent les dirigeants d’Apollonia et 7 employés, ainsi qu’un avocat et 3 notaires. Tous demeurent présumés innocents. Le procès devrait se terminer début juin.



















