
Il a beau être le roi déchu de l’immobilier, Jean Badache continue à nier toute malhonnêteté. Plus d’un mois après l’ouverture du procès Apollonia devant le tribunal judiciaire de Marseille, celui qui est à la tête d’une vaste escroquerie immobilière s’est dédouané de toute responsabilité au moment d’une nouvelle audition à la barre, rapporte Ici. «Ni de près ni de loi, je n’ai laissé faire, ni incité à faire des faux. Les salariés ont agi de leur propre initiative», a-t-il déclaré.
Décrit comme le donneur d’ordre, c’est pourtant lui qui a impulsé une véritable machine à cash en s’appuyant sur des commerciaux zélés, trois notaires et un avocat de confiance pour rassurer les acheteurs. En effet, la société d’investissement immobilier Apollonia et de conseil financier basée à Aix-en-Provence, est soupçonnée d’avoir démarché entre 2002 et 2010, des clients fortunés pour les inciter à investir dans des biens immobiliers en leur promettant une rentabilité. L’escroquerie était pourtant bien ficelée et les victimes, elles, se comptent par centaines. 762 se sont d’ailleurs constituées parties civiles.
Des Maldives aux Baumettes en quatre mois
Aujourd’hui, nombre d’entre elles se retrouvent endettées et incapables de rembourser les banques. «On s’en veut de s’être fait avoir», avait confié l’une des victimes à TF1. Ces dernières évoquent notamment des biens vendus à des prix astronomiques et des prêts douteux obtenus grâce à des documents falsifiés. Des accusations qui ne semblent visiblement pas faire broncher le principal accusé, lui qui explique ne pas avoir été motivé par l’argent. «J’en gagné beaucoup. En une matinée en Suisse, j’ai acheté un chalet pour six millions d’euros et une Porsche», a-t-il expliqué.
Auparavant habitué à un train de vie fastidieux dans le faste de résidences luxueuses, le septuagénaire se dit aujourd’hui ruiné. L’agent immobilier, qui par le passé pouvait commander 200 000 euros de vin et deux kilos de caviar pour le réveillon est ainsi «passé des Maldives aux Baumettes en quatre mois», dit-il pour expliquer sa déchéance. Alors que le procès des dirigeants d’Apollonia et de sept employés doit se terminer début juin, Jean Badache ne se fait guère d’illusion. Plus de sept millions et demi d’euros d’avoirs ayant déjà été saisis par la justice, «si on est condamnés, on nous laissera le derrière râpé comme une dinde à Noël», a-t-il déclaré.


















