Danièle était loin de se douter que son investissement de «bonne mère de famille» virerait au cauchemar. Il y a une petite dizaine d’années, elle achète un studio en Auvergne avec l’argent mis de côté pendant «toute une vie de travail», afin de le louer et de disposer ainsi de revenus complémentaires à la retraite, explique-t-elle à Capital. Pendant les six premières années, son locataire s’acquitte du loyer rubis sur l’ongle. Mais la société qu’il a créée périclite. «Mon locataire a commencé par avoir quelques retards de paiement mais son amie finissait toujours par régler le loyer pour lui», relate Danièle. Lorsqu’elle le quitte, les impayés commencent. Ils s’élèvent aujourd’hui à près de 5 000 euros, sur la base d’un loyer de 435 euros par mois. «Un loyer que je n’ai jamais augmenté en six ans», regrette Danièle.

Or «j’ai toujours un crédit pour cet appartement», s’inquiète la propriétaire, qui remboursait les mensualités de ce prêt grâce au loyer perçu. Depuis maintenant plus d’un an, elle se débrouille en puisant dans le reste de ses économies et grâce à l’aide financière de sa mère et de sa sœur. «Ce mois-ci, je n’ai pas pu payer les charges de copropriété d’un seul coup, j’ai demandé au syndic un paiement en trois fois. Il me faudra faire pareil pour la taxe foncière, sinon je ne pourrai pas la payer cette année», se désole-t-elle. De la même façon, c’est en cinq fois qu’elle a réglé ses 2 000 euros d’honoraires à l’avocat qu’elle a engagé pour mettre en place une procédure d’expulsion de son locataire.

«Mon calvaire de propriétaire face à un locataire qui ne paie plus le loyer»

Le rêve de Danièle, se débarrasser de son studio

Mi-mars, le tribunal a rendu un jugement favorable à Danièle. Deux semaines plus tard, un commissaire de justice signifiait au locataire l’ordonnance d’expulsion, qui lui impose de partir dans un délai de deux mois, soit fin mai. Le bout du tunnel, enfin, pour Danièle ? Pas sûr. «En apprenant cela, il m’a envoyé un texto disant qu’il allait tout casser dans l’appartement…», soupire-t-elle, redoutant de le voir refuser de quitter le studio au terme du délai de deux mois.

Si tel est le cas, Danièle devra demander à la préfecture une expulsion avec le concours de la force publique. «Mon avocat m’a dit que la réponse de la préfecture pourrait prendre au moins deux mois», souffle-t-elle, à bout. Sa hantise ? Que l’accumulation de ces délais repousse l’expulsion de son locataire après le 31 octobre. C’est à cette date que débute la trêve hivernale, qui interdit les expulsions locatives jusqu’au 31 mars. Danièle n’a plus qu’une envie, irréalisable avec un locataire insolvable dans la place : vendre son bien, s’en «débarrasser».