
C’est une dépense à laquelle tous les propriétaires ne peuvent pas échapper. Chaque année, les heureux propriétaires (ou usufruitiers) d’un logement au 1er janvier doivent s’acquitter de la taxe foncière, un impôt qui consiste en une participation directe au fonctionnement de chaque commune en permettant le financement des services publics, qu’il s’agisse des écoles, de la voirie ou encore des parcs. Établie pour une année entière sur les propriétés bâties, son montant est alors calculé en multipliant la base imposable du bien par les taux d’imposition applicables.
Mais voilà, s’il est impossible d’échapper à cet impôt, ces dernières années, nombreux sont les propriétaires à avoir des sueurs froides au moment de découvrir le montant qu’ils doivent payer. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la note s’avère de plus en plus salée selon le comparateur de la taxe foncière ORKA.tax qui a publié le classement des hausses dans les 30 plus grandes villes de France entre 2020 et 2025. Confrontés à de véritables contraintes budgétaires, les élus locaux ont en effet massivement relevé leurs taux, faisant par ricochet de cet impôt l’un des plus lourds et mal compris par les Français. Dans le détail, c’est dans la ville du Mans que cette hausse est la plus notable avec une taxe foncière qui est passée de 13,65% en 2020 à 34,71% en 2025, soit une hausse de 154,29%. Suivent ensuite les villes de Limoges avec une hausse de 117,84% (19,34% en 2020 contre 42,13% en 2025) et d’Annecy avec une hausse de 109,23% (16,25% en 2020 contre 34% en 2025).
Une taxe qui a doublé en cinq ans dans certaines villes
Ainsi, en l’espace de cinq ans, la taxe foncière a tout simplement doublé dans certaines villes. «Ce sont des décisions politiques assumées par les élus locaux et les propriétaires ont le droit de connaître l’ampleur», fait savoir Maître Manon Bellin, avocate fiscaliste et cofondatrice d’ORKA.tax. Le constat de cette hausse est d’ailleurs visible dans toutes les régions de France. À Saint-Denis (Île-de-France), les propriétaires ont vu leur impôt augmenter de 103,34% quand ceux de Saint-Etienne (Auvergne-Rhône-Alpes) ont connu une hausse de 94,34%. À Marseille, la taxe foncière a elle bondi de 85,43% ou de 74,93% à Lyon. Enfin, la ville de Brest complète ce classement des 30 plus grandes villes de France avec un passage de la taxe foncière de 24,27% en 2020 à 39,44% en 2025 (+62,51%).
Par ailleurs, certains foyers ne sont pas au bout de leur peine et pourraient être prochainement concernés par une révision des bases qui servent au calcul de la taxe foncière. En effet, selon les bases utilisées de l’administration fiscale pour calculer la taxe foncière, 7,4 millions de logements seraient dépourvus d’équipements nécessaires à la vie de tous les jours (toilettes, eau courante ou chauffage) faute de déclaration ou de mise à jour des fichiers cadastraux. Or, ces aménagements doivent être signalés au fisc et permettent de calculer plus précisément le montant final à payer pour chaque propriétaire. Ainsi, afin de corriger ces anomalies qui durent depuis plusieurs dizaines d’années pour certaines, l’État envisage de considérer ces éléments comme existant par défaut dans chaque logement, augmentant par conséquent la valeur locative cadastrale (la base utilisée pour calculer l’impôt) et ainsi la note finale. Selon certaines estimations, les 7,4 millions de foyers concernés pourraient voir le montant de leur taxe foncière augmenter en moyenne de 63 euros.



















