C’est un produit dont le succès ne se tarit pas : l’œuf. Selon les chiffres du Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO) dévoilés en début d’année, chaque Français en consomme en moyenne 237 unités par an, et ce sera même 239 en 2027. Si la consommation d’œufs explose, ce succès est multifactoriel. C’est ce qu’a confirmé le patron du Groupement Mousquetaires sur le plateau du 20 heures de France 2 mardi 19 mai. Selon Thierry Cotillard, la consommation «explose» : +15% depuis deux ans.

Selon les chiffres qu’il a dévoilés, cela équivaut à 30 millions d’œufs consommés en plus en France tous les ans. D’où les nombreuses pénuries qui ont été constatées ces deniers mois et qui rendent plus compliqués les approvisionnements dans les rayons des supermarchés. Ceci s’explique donc par une grande demande, selon Thierry Cotillard, mais également par une offre plus faible. «Il y a une baisse, car il y a eu des sujets conjoncturels comme la grippe aviaire, et structurellement, on a décidé d’avoir des élevages moins intensifs.»

Un risque de pénurie… à court terme

S’il n’existe pas de «risque de pénurie» à long terme en France, se pose celui des importations, a-t-il mis en garde sur France 2. Et d’alerter : «Pour éviter ça, il faut rouvrir des poulaillers et pour y arriver, il faut moins de normes et aller vite, car le besoin est immédiat.» Il a enfin concédé qu’à court terme, «il pourrait y avoir une pénurie, donc il y a une urgence».

Jusqu’alors, la profession avait préféré mettre en avant des tensions d’approvisionnement plus que des pénuries. Mais début janvier, la Coordination rurale avait réclamé un «retour» des poules en cages. Pour se justifier, le syndicat agricole soulignait les effets de «l’arrêt progressif des cages (qui) fragilise l’outil de production et impose des investissements lourds».

Une proposition rapidement dénoncée par le CNPO, pour qui «une trajectoire visant 90% de production alternative en 2030» a déjà été tracée, alors qu’«il est interdit par la loi de construire de nouveaux bâtiments en cage». En outre, d’ici 2030, 300 bâtiments doivent être construits, «soit en poules bio, soit en plein air, soit au sol». Pour rappel, même les industriels et les distributeurs se sont engagés à sortir de ce modèle et une initiative a été menée devant la Commission européenne pour interdire les poules en cages.