
Ils ont répondu à l'appel. Il y a bientôt sept mois, le 20 mars dernier, lors d'une journée dédiée au financement du secteur de la défense, au ministère de l'Economie et des finances, de nouvelles solutions avaient été promises pour permettre aux Français d'investir dans les entreprises tricolores qui produisent pour nos armées. Depuis, plusieurs produits financiers dédiés à cet objectif ont vu le jour, à destination de différents profils d'épargnants. Passage en revue des effectifs.
Les fonds disponibles en assurance vie, PER, PEA
Commençons par les fonds dits de private equity, autrement dit, qui vous permettent d'investir dans des entreprises non cotées en Bourse, soit la grande majorité des 4 500 entreprises (TPE, PME et ETI) de notre secteur de la défense. L'intérêt de ces fonds est qu'ils peuvent être enrôlés dans des enveloppes d'épargne grand public, comme l'assurance vie, le plan d'épargne retraite, ou encore le PEA et le PEA-PME, ou les produits d'épargne salariale.
Le premier fonds de ce type à avoir vu le jour est le fonds Tikehau «Défense et Sécurité», lancé le 16 juin dernier, et accessible via les unités de compte (UC) des contrats d’assurance vie et de PER de trois assureurs partenaires : Société générale assurances, CNP Assurances et le groupe Carac. Le fonds «Bpifrance Défense», ouvert à la souscription depuis ce mardi 14 octobre, pourra également être référencé par votre assureur ou distributeur (pour l'heure, il l'est chez Meilleurtaux, Axa et Natixis Interépargne), mais il est aussi accessible directement auprès de Bpifrance, avec un ticket d'entrée minimum de 500 euros.
Rendement cible : 5% par an chez Bpifrance, 8% chez Tikehau.
Niveau de risque : 6/7 pour les deux.
Pour investir en Bourse via son compte-titres ou son PEA
Pour investir dans des entreprises cotées en Bourse, cette fois, les épargnants peuvent aussi se tourner vers les actions de géants du secteur (Thales, Safran, Dassault…). Les derniers mois ont par ailleurs vu l'apparition de nouveaux ETF (trackers) qui répliquent les performances en Bourse d'un panier d'actions de grandes entreprises du secteur de l'industrie militaire, et dont les cours pourraient être portés à l'avenir par les commandes émanant des Etats européens. Ces ETF sont uniquement accessibles via un compte-titres (CTO), sauf pour le BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense, également éligible au PEA.
Rendement : WisdomTree Europe Defence : +32% sur six mois, lancé en mars 2025 ; Amundi Stoxx Europe Defense : +24,80% depuis sa création, en mai ; iShares Europe Defence : +9,6% depuis mai ; BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense : +13% depuis mai.
Niveau de risque : 5/7 pour ces quatre ETF.
Pour investir en crowdfunding sur une entreprise ciblée
Dernier angle d'attaque : le financement participatif du secteur de la défense. Une thématique dont la plateforme SouvTech-Invest s'est fait une spécialité : elle sélectionne des entreprises en quête de financement et ayant des débouchés militaires, puis organise une «levée de fonds» auprès des particuliers (à partir de 500 euros). A la différence d'un fonds de private equity ou d'un ETF, une seule entreprise est financée par projet. Un premier projet a été bouclé sur la plateforme cette année : 220 investisseurs ont permis à une entreprise spécialisée dans l’impression 3D céramique - avec des applications notamment dans l’aéronautique, le spatial et le militaire - de lever 400 000 euros pour accélérer son développement.
Rendement de cible (TRI) : 30%
Niveau de risque de 7/7.
Un nouveau produit structuré, avec garantie du capital à échéance
Dernière née des solutions pour investir dans la défense européenne, la fintech Mon petit placement a lancé le 7 octobre dernier un produit structuré accessible dans les contrats d'assurance vie qu'elle distribue, ou via son compte-titres. Il permet d'investir directement dans trois géants de la défense européenne : Rheinmetall, Safran et Thales. Sur ce produit, votre épargne est bloquée pour une durée de 10 ans (jusqu'en 2035), et le rendement va dépendre de différents scénarios :
Si l'émetteur du produit structuré (BNP Paribas) y met fin avant l'échéance, l’investisseur récupère 100 % du capital initial, majoré d’un coupon brut de 6,5 % par année écoulée ; si le produit va au bout, et que le cours de ces trois actions a progressé, le rendement maximal sera limité à 250%.
Niveau de risque : 2/7



















