Le plan d’épargne retraite (PER) est le grand gagnant de 2022. Depuis son lancement il y a trois ans, plus de 6 millions de personnes en bénéficient, soit plus du double de l’objectif initialement fixé par les pouvoirs publics. Il est vrai qu’à l’heure où une nouvelle réforme des retraites s’apprête à être lancée, l’utilité d’une épargne supplémentaire n’est plus à démontrer. L’assurance vie, de son côté, marque un peu le pas et collecte moins qu’en 2021. Elle reste cependant à des niveaux d’encours stratosphériques, désormais supérieurs à 1.800 milliards d’euros !

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Côté rendement, les produits financiers disponibles au sein de ces deux enveloppes n’ont pas été à la fête l’an dernier, subissant un double choc : le krach obligataire d’abord, qui, avec la montée des taux d’intérêt, a placé tous les fonds investis en obligations en moins-value, puis la dégringolade de la plupart des marchés boursiers, qui a fait plonger les fonds actions. Dans ces conditions, difficile de trouver un rendement positif en 2022, même sur les profils de gestion les plus prudents. Une exception cependant, avec les fonds garantis en euros, qui, pour la première fois depuis une trentaine d’années, vont voir leur rendement s’améliorer, certains allant jusqu’à rapporter plus de 2%.

Cette rémunération ne devrait toutefois pas dépasser celle de l’autre produit sans risque, le Livret A, dont le taux net devrait avoisiner au 1er février prochain, les 3,3%. Elle restera aussi bien en deçà de l’inflation, attendue à plus de 5,5% sur l’année. La crise crée cependant quelques ­opportunités, comme les produits structurés à capital garanti ou les fonds obligataires à échéance, proposés dans certains contrats d’assurance vie ou plans d’épargne retraite, et qui affichent des rémunérations souvent supérieures à 5%.

Assurance vie multisupport

Produit dont le rendement devrait grimper en 2023

Taux servi en 2022 : de 0,8 à 3%
Risque : de nul à élevé
Durée : au moins 1 an

Bonne nouvelle, après des décennies de repli, le rendement du fonds garanti en euros va augmenter ! «Après 1,08% en 2021, le taux moyen pourrait se situer en 2022 entre 1,60 et 2%, voire au-dessus pour les contrats vedettes», fait valoir Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du site Good Value for Money. Un renversement de tendance dû en partie à la hausse des taux d’intérêt. En effet, les obligations émises par l’Etat français, supports réputés sans risque à long terme, sur lesquels les assureurs investissent à hauteur de 80% environ, sont passés de – 0,40% fin 2020 à + 2,50% aujourd’hui ! Les fonds en euros des contrats en ont donc logiquement profité. Pas à plein, toutefois, car les assureurs ne renouvellent chaque année qu’une partie de leur portefeuille obligataire : entre 10 et 15% en moyenne, parfois jusqu’à 25%, comme chez MACSF.

Et puis, surtout, ce rebond doit être mis en face de la petite part du fonds en euros qui a été placée en actions (entre 5 et 15% selon les contrats), dont les performances ont été laminées par la chute des marchés boursiers enregistrée depuis près d’un an. Comment, dans de telles conditions, les assureurs réussiront-ils à nettement améliorer le rendement de leur fonds en euros ? Tout simplement avec les réserves d’argent qu’ils ont constituées au fil du temps, issues soit des plus-values latentes boursières, même si ces dernières ont eu tendance à se dégonfler en 2022, soit des profits du fonds en euros non ­encore distribués aux souscripteurs.

«Le niveau moyen de rendement du fonds en euros mis en réserve était de 4,87% fin 2021», souligne Cyrille Chartier-Kastler. Les bancassureurs (CNP Assurances, ACM Vie, Cardif Vie, Sogécap…) sont encore mieux dotés, avec des rendements en réserve souvent supérieurs à 6%. Mais, pour des raisons de solvabilité, ils font rarement partie de ceux qui redistribuent le plus. Seule certitude : les ­compagnies aux réserves étriquées auront du mal à rehausser leur taux de rendement en 2022.

Avec un Livret A qui devrait approcher les 3,3% de rémunération en février prochain, l’autre sujet est de savoir jusqu’où les assureurs accepteront de porter leur taux. «Nous ferons en sorte que notre rendement pour 2022 soit sensiblement au-dessus de 2%», fait valoir Guillaume Rosenwald, directeur général de MACSF Assurances et services. Mais tous ne voudront pas monter si haut. «Nous sommes en capacité de servir un rendement en forte augmentation, de plus de 0,50%», indique pour sa part Fabrice Bagne, directeur général adjoint de BNP Paribas Cardif.

Certains assureurs, qui, ces dernières années, avaient fortement promu les unités de compte (UC), autrement dit les fonds non garantis investis notamment en Bourse ou en immobilier, ne veulent cependant pas revenir en arrière. «Notre taux devrait rester stable à 0,80%, mais avec un bonus et un superbonus pour ceux qui détiennent plus de 40% et 60% d’unités de compte. Ce mécanisme avait propulsé la rémunération du fonds en euros jusqu’à 2,70% en 2021», explique Eric Le Baron, directeur général de Swiss Life Assurance et Patrimoine.

De toute façon, placer l’intégralité de ses économies dans le fonds en euros de son contrat n’est pas forcément une bonne idée, même si les unités de compte et la plupart des profils de gestion sont dans le rouge en 2022. «La baisse des marchés actions représente une belle porte d’entrée en Bourse, dès lors que l’on a une vision à long terme de son épargne», conseille Delphine Pasquier, directrice du développement de Prepar Assurance.

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