«Vous pouvez tout regarder, je n’ai rien à cacher!» A chaque contrôle fiscal, c’est aux mêmes litanies qu’a droit David Leyrat, inspecteur des Finances et conseiller du syndicat CFTC Finances publiques. Comme si tous les Français étaient des contribuables modèles. Et pourtant, selon le ministère de l’Economie, en 2021, 30% des vérifications fiscales externes, c’est-à-dire réalisées sur place, ont fait l’objet de pénalités «exclusives de bonne foi», traduisant donc une volonté délibérée de frauder. Au total, les inspecteurs de Bercy ont réalisé l’an dernier près de 700000 contrôles auprès des particuliers et notifié pour 13,4 milliards d’euros de redressement, tous contribuables confondus.

Les droits réclamés à la suite d’un contrôle externe ont ainsi augmenté de 6% par rapport à 2019, année d’avant le Covid, tandis que ceux issus d’un simple contrôle à distance (dit «sur pièces») ont bondi de… 30%! Même en hausse, ces montants resteraient une goutte d’eau parmi l’océan de la fraude fiscale, évaluée à 80 milliards d’euros par an par certaines organisations syndicales. Malgré le renforcement des contrôles, ou la généralisation du prélèvement automatique de l’impôt à la source, le phénomène serait donc, encore et toujours, d’ampleur. «Après vingt-cinq ans d’expérience, je peux vous affirmer qu’on trouve des fraudeurs dans toutes les catégories sociales!», poursuit notre inspecteur des Finances publiques.

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