
En 2024 et en 2025, investir dans l'intelligence artificielle était une évidence. Il était même possible d'acheter n'importe quelle valeur estampillée IA, et le cours montait – Nvidia en fer de lance. Si aujourd'hui, l'IA peut toujours être qualifiée comme le « cycle d'investissement le plus important de la décennie » pour Andrea Tueni, responsable des activités de marchés chez Saxo Banque, les choses changent. En effet, les gouvernements, que ce soit en Europe, en Asie ou aux États-Unis, « considèrent le leadership en IA comme une question de sécurité nationale et de compétitivité économique ».
Mais il y ajoute une nuance importante à comprendre pour tous les investisseurs, surtout les particuliers qui souhaitent capter cette hausse. « L'ère où l'on possédait l'ensemble du secteur sans distinction est révolue », estime-t-il. Depuis janvier 2026, le marché fait le tri. Les valeurs de logiciels ont nettement corrigé, alors que les fabricants de puces et les acteurs de l'énergie gardent du potentiel. Pour qui veut s'exposer à l'IA sur la durée, quelques questions se posent. Sur quelle partie de la chaîne de valeur se placer ? Et via quelle enveloppe ?
L'IA n'est plus qu'un seul secteur
Saxo Banque reprend ainsi une image du patron de Nvidia, Jensen Huang, qui estime que l'intelligence artificielle serait « un gâteau à 5 couches ». À la base, l'énergie, qui fait tourner les centres de données. Au deuxième niveau, les puces et le calcul, le terrain de Nvidia, de TSMC et des fabricants de mémoire. Vient ensuite l'infrastructure cloud et les centres de données. Puis les modèles d'IA eux-mêmes. Et enfin, les applications, ces logiciels qui monétisent l'IA en la fournissant aux entreprises et au grand public.
Ainsi, « le commerce de l'IA ne consiste plus à être dans ce secteur. Il s'agit de choisir la bonne partie de la chaîne de valeur au bon prix », estime Andrea Tueni. Il faut dire que chaque couche a un profil de risque précis, un horizon moyen ou long terme, et une valorisation différente aujourd'hui. Par exemple, les logiciels ont corrigé au début de l'année : la promesse de revenus futurs qu'ils ont faite tarde à se concrétiser. Le terme IA ne suffit plus ; la position dans la chaîne compte davantage. Le rebond ainsi a profité aux sociétés capables de prouver une hausse de revenus réelle, pas à celles qui se contentaient de citer l'IA dans leurs présentations.
C'est l'inverse pour le secteur des semi-conducteurs. Les hyperscalers, c'est-à-dire Amazon Web Services, Microsoft Azure, Google Cloud, continuent d'investir massivement dans leurs infrastructures, et ces dépenses atterrissent directement chez les fabricants de puces, d'équipements et de mémoires.
Dans quelle enveloppe investir sur l'IA ?
Rappelons que le PEA a été créé pour y loger des actions de l'Union européenne. Vous ne pouvez donc pas y loger Nvidia, TSMC ou les éditeurs américains de logiciels en direct. Seules deux grandes valeurs IA cotées en Europe y sont éligibles : le néerlandais ASML, fournisseur des machines de gravure des puces les plus avancées, et l'allemand SAP. De plus, en 2026, aucun ETF thématique « intelligence artificielle » pur n'est éligible au PEA. Mais un ETF PEA Nasdaq vous permet d'avoir dans votre plan épargne action Nvidia, Microsoft ou Alphabet.
Pour accéder directement aux valeurs américaines et asiatiques, il faudra passer par un compte-titres ordinaire, avec la "flat tax" de 31,4 % qui s'applique sur les plus-values et les dividendes.



















