
Les dividendes restent l’un des revenus du capital les plus taxés pour un particulier qui détient ses titres hors enveloppe fiscale. En France, c'est le prélèvement forfaitaire unique, ou flat tax, qui s'applique depuis 2018. Mais celle-ci est passée à 31,4 % depuis 2026, avec la hausse des prélèvements sociaux. En effet, la hausse vient de la CSG, qui prend 1,4 point supplémentaire dans le cadre du financement de la Sécurité sociale. De quoi alourdir encore la note sur les dividendes perçus sur un compte-titres ordinaire.
« Le prélèvement à la source de 31,4 % s'applique au moment du versement du dividende », explique Andrea Tueni, expert marché chez Saxo Banque. Mais la flat tax n'est pas une fatalité, ajoute-t-il : « Ce prélèvement n'est pas appliqué sur le PEA ». En effet, le Plan Épargne en Actions est l'un des leviers qui permet de réduire la facture - il y a aussi l'assurance-vie, le choix d'un ETF capitalisant plutôt que distribuant. En plus de cela, les contribuables peu imposés peuvent opter pour le barème progressif en cochant la case 2OP de la déclaration. L'option est globale, donc elle s'applique à tous les revenus du capital de l'année (dividendes, intérêts, plus-values).
PEA et assurance vie, les enveloppes qui annulent l'impôt sur le revenu
Si vous touchez vos dividendes via une enveloppe, comme le PEA ou l'assurance-vie, ils ne sont ni imposés ni soumis aux prélèvements sociaux tant que vous ne les retirez pas de l'enveloppe. Pour le PEA, après cinq ans de détention, les retraits ne supportent que les 18,6 % de prélèvements sociaux : l'impôt sur le revenu est totalement exonéré. Le plafond de versement est fixé à 150 000 euros par personne, 300 000 pour un couple.
Pour l'assurance-vie, les prélèvements sociaux y restent à 17,2 %, soit 1,4 point de moins que sur le PEA et le compte-titres ordinaire. En effet, c'est la seule enveloppe à avoir échappé à la hausse de la CSG sur les revenus du capital. Les dividendes sont capitalisés à l'intérieur du contrat sans aucun impôt. À la sortie, après huit ans, un abattement de 4 600 euros pour un célibataire (9 200 pour un couple) s'applique chaque année sur les gains retirés.
L'ETF capitalisant pour éviter l'impôt direct
Si vous restez en compte-titres ordinaire, donc hors enveloppe fiscale, le choix d'un ETF capitalisant plutôt qu'un ETF distribuant peut faire une réelle différence. Concrètement, l'ETF capitalisant ne verse pas de dividendes : il les réinvestit automatiquement. C'est le prix de la part qui augmente pour refléter les dividendes touchés. Aucun dividende n'arrive sur votre compte, donc aucune flat tax n'est due tant que vous ne vendez pas vos parts. Autrement dit : l'imposition est repoussée au moment de la cession.
Dans un PEA, ce mécanisme n'a aucun intérêt fiscal, puisque les dividendes ne sont pas imposés dans l'enveloppe. Le choix entre capitalisant et distribuant relève alors d'une logique pratique : pas besoin d'arbitrer soi-même quand on touche ses coupons.
L'impôt sur les dividendes étrangers
Enfin, il reste une subtilité : les actions étrangères. « Le traitement fiscal va dépendre des pays », explique Andrea Tueni. Tout dépend de « la convention fiscale signée avec la France. Si vous avez des actions américaines par exemple, le prélèvement à la source va être de 15 % », ajoute-t-il. Le mécanisme évite la double imposition par un crédit d'impôt récupéré lors de la déclaration française : 15 % du brut sont restitués via le formulaire 2047, ce qui ramène la charge fiscale totale à 31,4 % comme sur une action française.
Pour les autres pays, la mécanique est plus pénalisante : le crédit d'impôt est généralement plafonné à 15 %, et lorsque la retenue locale dépasse ce seuil (une action espagnole subit par exemple 21 % de retenue, une allemande jusqu'à 26 %), les points excédentaires sont perdus.



















