
La pension de réversion reste l’un des dispositifs les plus utiles mais aussi les plus mal connus de notre système de retraite. Elle permet au conjoint survivant, et parfois aux ex-conjoints, de percevoir une partie de la retraite du défunt. Selon l’Assurance retraite, près de 10 % des veufs qui pourraient en bénéficier ne la réclament jamais, faute d’information ou par confusion sur les conditions. Un manque à gagner qui peut dépasser plusieurs centaines d’euros par mois.
En 2026, les règles demeurent strictes. Le droit n’est ouvert qu’aux personnes mariées ou anciennement mariées : les partenaires de PACS et les concubins restent exclus. S’appliquent des conditions d’âge, de ressources et des pourcentages de calcul différents selon les régimes. « À cela s’ajoutent les situations particulières en cas de remariage ou de pluralité d'ex-conjoints », signale Maître Benjamin Boulard, avocat à la cour d’Appel de Paris.
Conditions 2026 : mariage, âge, ressources
Pour la réversion du régime général, il faut être âgé d’au moins 55 ans et justifier d’un mariage avec le défunt. Les PACS et concubinages n’ouvrent aucun droit. Les seuils de ressources maximum pour percevoir cette pension de réversion en 2026 sont de 25 001,60 euros bruts annuels pour une personne seule et 40 002,56 euros pour une personne vivant en couple (en cas de divorce). À noter qu’il n’existe pas de condition de ressources pour l’Agirc-Arrco, ni pour la fonction publique. Certains régimes affichent d’autres âges d’accès : 50 ans pour la CNBF des avocats, 60 ou 65 ans pour certaines professions libérales.
Comment se partage la réversion entre conjoints et ex-conjoints
La réversion n’est pas toujours versée à une seule personne. En cas de remariage du défunt, « lorsque le défunt s’est remarié, la pension de réversion de base est partagée au prorata temporis de la durée de chaque mariage conformément à l'article L 353-3 du CSS entre le conjoint survivant et le ou les précédents conjoints divorcés », précise Maître Boulard. De plus, « de manière mécanique, dans les régimes de base et plusieurs régimes complémentaires, le décès de l’un des ayants droit entraîne une augmentation automatique de la part des autres, à compter du 1er jour du mois suivant ».
Autre cas particulier, « pour la pension de réversion de base, la jurisprudence a admis qu'un ex conjoint remarié puis redivorcé peut recouvrer un droit à pension de réversion du chef de son premier conjoint, sans que le décès du second conjoint soit exigé, à condition qu’il n’ait aucun droit à pension de réversion du chef de son dernier conjoint ».
Montants 2026 et mode d’emploi pour la demande
Le taux de réversion est de 54 % pour la retraite de base du privé, 60 % pour l’Agirc-Arrco et 50 % dans la fonction publique. Le régime général prévoit un minimum garanti de 331,94 euros par mois si le défunt totalisait au moins 15 ans de cotisation, avec un plafond de 1 059,75 euros par mois.
La demande se fait sur la plateforme info-retraite.fr et ce, pour tous les régimes. Mieux vaut rassembler acte de décès, livret de famille, justificatifs de ressources et éventuels jugements de divorce. Les droits prennent effet au premier jour du mois suivant la demande : un retard peut coûter plusieurs mois de pension.




















