
A l’heure où le télétravail reste largement pratiqué dans les entreprises, en particulier en France, aux Etats-Unis, la donne a changé ces derniers mois. De nombreux patrons sont en effet allergiques au travail à distance dans le pays et exigent un retour sur site, ce qui peut avoir des conséquences. Pourtant, les faits remontent à 2021, à une période où la pandémie de Covid-19 était encore loin d’être terminée. Comme le raconte Le Parisien, la salariée d’une entreprise de courtage de fret et de logistique, Total Quality Logistics (TQL), a vécu un terrible drame en perdant son enfant alors qu’elle était enceinte.
L’employée vit à cette époque une grossesse difficile, racontent nos confrères, à tel point que des médecins ont dû lui réaliser un cerclage cervical afin de réduire le risque d’accouchement prématuré. A ce moment-là, les consignes sont claires : il faut qu’elle se déplace le moins possible et qu’elle privilégie le télétravail. Lorsque la salariée demande quelques jours plus tard à son employeur, elle essuie une fin de non-recevoir qui aura de très lourdes conséquences.
Un lien entre l’accouchement prématuré et le refus de télétravail
Selon les détails du compte-rendu du procès cité par NBC News, la société TQL a «présenté à Chelsea Walsh un choix impossible : travailler au bureau et imposer une pression supplémentaire à son enfant, ou prendre un congé sans solde et perdre le revenu et l’assurance maladie dont elle avait besoin». Une semaine plus tard, la salariée décide donc, sans autre solution, de revenir travailler. Mais elle accouche finalement le 24 février, ironie du sort, le jour où l’entreprise… l’autorise finalement à télétravailler.
Si la petite fille naît en vie, à cinq semaines et six jours, elle décédera finalement une heure et demie plus tard dans les bras de sa mère. Poursuivie en justice, la société Total Quality Logistics vient d’être condamnée par un tribunal d’Hamilton (Ohio) à lui verser 22,5 millions de dollars de dommages et intérêts, soit près de 20 millions d’euros. La justice a considéré qu’il existait un lien entre le refus d’accorder du télétravail à la salariée et l’accouchement prématuré de l’enfant.
Si la société a tenu à présenter ses condoléances à la famille, elle a décidé de contester la décision de justice et notamment «la façon dont les faits ont été qualifiés lors du procès», a indiqué une porte-parole. Elle a ajouté : «Nous évaluons les options juridiques possibles et restons déterminés à soutenir la santé et le bien-être de nos employés.» Par la suite, la salariée a été autorisée à travailler depuis chez elle. Une décision, semble-t-il, bien tardive.
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