C’est un nouvel exemple des bugs liés au logiciel Arpège en test depuis plusieurs mois dans les CPAM de Vendée et de Loire-Atlantique. Depuis plus d’un an déjà, de nombreux assurés subissent d'importants retards dans le versement de leurs indemnités journalières, la faute à ce nouvel outil qui connaît des bugs à répétition. Sauf que pour certains assurés, le non-versement des indemnités journalières peut avoir des conséquences dramatiques. C’est le cas de l’une d’entre elles, explique France 3 Pays de la Loire.

Hospitalisée pour burn-out en décembre 2024, l’habitante de la région voit sa maladie reconnue comme professionnelle en octobre dernier. Si elle touchait ses indemnités journalières normalement jusque-là, tout a changé à partir de la mi-novembre. «A partir de là, je ne recevais plus rien», grince-t-elle auprès de nos confrères. Après avoir contacté la CPAM, elle apprend que le logiciel Arpège n’est pas en capacité de recalculer ses droits en maladie professionnelle. Or, elle ne touche plus rien et est donc obligée de vivre sur son épargne depuis plus de deux mois.

Plus de 10 000 euros envolés

«J’ai liquidé toute mon épargne. Personne ne peut ignorer l'augmentation du coût de la vie. Mon épargne a fondu comme neige au soleil, et en assurant uniquement les dépenses du quotidien», explique-t-elle auprès de France 3, assurant être dans l’attente d’une somme comprise déjà entre 10 000 et 12 000 euros. Malgré sa demande d’aide exceptionnelle, elle n’aurait reçu à ce jour qu’un acompte de 400 euros. C’est d’autant plus préjudiciable que sans attestation émanant de la CPAM, elle ne peut faire fonctionner des assurances et surtout recevoir sa prévoyance employeur.

La situation est telle aujourd’hui que, malgré ses nombreux appels auprès de la CPAM, les agents seraient tout aussi démunis : «A chaque fois que je les ai appelés, ça a entraîné des pleurs au téléphone», confie-t-elle, d’autant que même chez ses interlocuteurs, on ne voudrait plus du logiciel Arpège. Après de nombreuses démarches, l’assurée a pu obtenir un rendez-vous auprès de la CPAM de Loire-Atlantique… qui a été finalement annulé au dernier moment.

Plus de 10 000 dossiers bloqués

Existe-t-il des motifs d’espoir aujourd’hui ? Face à l’ampleur de la situation, elle a même contacté la députée de sa circonscription. Cette assurée n’est pas la seule concernée. Dans la région, près de 10 000 dossiers sont bloqués. A ce jour, les réclamations en Vendée et en Loire-Atlantique représentent à elles seules 25% du total au niveau national. A noter que la généralisation de l’outil à l’échelle nationale a été reportée à 2026 alors qu’elle devait être effective en 2025. En décembre, la défenseure des droits a donné raison à des députés LFI de Loire-Atlantique et au collectif «Arpège, non merci !» En attendant, les dossiers sont toujours bloqués. La CPAM n’a pas souhaité répondre à France 3.