La “réunionite aiguë” n'épargne pas les salariés français. Selon une étude publiée ce vendredi 26 septembre par la start-up Mailoop, qui propose des solutions pour mesurer, analyser et améliorer les usages numériques en entreprise, les dirigeants français passent en moyenne 36 heures et 20 minutes en réunion chaque semaine ! Ces derniers reçoivent également 390 mails en moyenne et ne décrochent qu’un week-end sur deux. «Ce que nous appelons l’infobésité, c'est-à-dire la surcharge d’informations à laquelle les salariés et les organisations sont confrontés quotidiennement, progresse et s’installe partout, alerte Arthur Vinson, cofondateur de Mailoop. A l’heure de l’IA générative, il est plus que jamais temps d’interroger nos usages réels pour préserver attention, efficacité et santé mentale.»

Pour parvenir à ce constat, les auteurs de l’étude ont analysé les usages numériques en entreprises de 17 000 collaborateurs, managers et dirigeants d'organisations françaises. Dans le détail, l’étude révèle que les managers français passent en moyenne 22h17 en réunion tandis que ce chiffre baisse à 10h12 pour un collaborateur. Ces réunions sont aussi de plus en plus longues avec une durée moyenne d’1h34, soit une hausse de 7% sur un an. Elles sont plus fournies, avec 4,1 participants en moyenne par réunion, des effectifs en hausse de 20% sur un an. Conséquence logique, 38% des invités ne répondent même plus aux demandes de réunion et ceux qui y participent gèrent d’autres tâches en même temps, avec une augmentation de 30% d’emails envoyés pendant les réunions participatives.

140 messages envoyés par chat chaque semaine

En moyenne, les managers reçoivent quant à eux 243 emails par semaine, soit une progression de +19% sur un an. Le nombre de courriers électroniques reçus par les collaborateurs s’élève à 115, en hausse de +11% sur les 12 derniers mois. Le tchat devient également un facteur aggravant à part entière, avec 140 messages envoyés en moyenne par semaine, soit une hausse de 14%. «Si les emails ralentissent, les réunions prennent le relais, les tchats débordent et la déconnexion reste une promesse non tenue», poursuit Arthur Vinson,.

Le travail devient plus transverse, mais aussi plus saturé, avec un nombre moyen de destinataires par email qui augmente de 10% sur un an, rendant chaque message plus diffus et complexe. Seul point positif, les collaborateurs se déconnectent davantage que l’an dernier, avec 20% de soirées en plus sans mail envoyé après 20 heures.