Le 1er-Mai, jour internationale de lutte pour les droits des travailleurs, c’est une journée particulière dans le droit du travail français : il s’agit d’un jour chômé et payé. La journée est héritée des luttes ouvrières de la fin du XIXe siècle, et elle est devenue officiellement chômée et payée en 1948. Son cadre spécifique prévoit qu’aucun salarié ne doit travailler ce jour-là, avec des exceptions pour les activités qui ne peuvent être interrompues, notamment les hôpitaux, les transports, ou encore certaines industries qui doivent fonctionner en continu.

Toutefois, la législation ne dresse aucune liste exhaustive des professions dont les salariés peuvent travailler ce jour-là, selon La Provence. Ce sont donc les employeurs qui doivent démontrer que l’interruption de leur activité est impossible. Et c’est ce point en particulier qui nourrit des débats depuis plusieurs années, notamment autour des fleuristes et des boulangers.

Une rémunération doublée pour les salariés concernés

Une position ministérielle confirmée par Martine Aubry, alors directrice des relations au travail au ministère du Travail, en 1986, a installé une dérogation pour certains secteurs à la règle du repos dominical, permettant ainsi aux salariés de ces secteurs de travailler le 1er-Mai. La Cour de cassation a ensuite contredit cette position en 2006, en contredisant l’idée d’une dérogation automatique pour le travail le 1er-Mai. Désormais, les employeurs doivent donc prouver qu’il n’est pas possible d’interrompre son activité. Mais ces règles ne concernent que les salariés, un boulanger ou un fleuriste peut ouvrir sa boutique sans faire travailler ses employés.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a par ailleurs annoncé un projet de loi qui prévoit des conditions au travail le 1er-Mai fixés par accords de branche. Ainsi, selon ce projet de loi, il sera possible aux salariés volontaires de travailler le 1er-Mai, avec une rémunération doublée à la clé. Le texte devra préciser les conditions du volontariat et les conditions selon lesquelles les salariés peuvent changer d’avis. Enfin, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou assure qu’aucune consigne particulière n’a été donnée à l’inspection du travail concernant d’éventuelles sanctions cette année. En ce qui concerne les salariés qui travaillent en ce 1er-Mai, la règle est simple : les heures de travail réalisées le 1er-Mai doivent être payées double, au minimum.