Le conclave sur les retraites est-il en train d’exploser en vol ? Les premiers soubresauts ont vu le jour dimanche 16 mars à la suite des déclarations du Premier ministre François Bayrou sur France Inter. A la question : «Le retour d’un départ à l’âge de la retraite à 62 ans est-il possible ?», François Bayrou répondait de façon laconique : «Non». S’en est suivie une vague de critiques émanant des organisations syndicales et de l’opposition politique. Puis, mardi, une des organisations patronales, l’U2P, est allée encore plus loin en claquant la porte du conclave.

Idem, donc, pour la CGT, qui quitte à son tour la table des discussions : «La CGT a décidé ce soir de quitter les concertations et appelle les salariés à se mobiliser» a confirmé Sophie Binet sur le plateau du JT de France 2 mercredi. La secrétaire générale de la CGT a déploré : «Le Premier ministre et le patronat ont définitivement enterré ce conclave et c'est très grave». François Bayrou, rappelle Sophie Binet, s'était engagé à ce que ces discussions «soient sans totem ni tabou». Mais il y avait bien un tabou : les 62 ans. «Or, c'est la question centrale» lance la secrétaire générale de la CGT. Selon elle, «le Premier ministre trahit sa parole mais il trahit aussi des millions de salariés qui se sont mobilisés pendant 6 mois contre la réforme des retraites».

La CFDT maintient sa présence

L'enjeu principal désormais pour la CGT : «La mobilisation des salariés» annonce Sophie Binet. Les retraités manifesteront ce 20 mars dans plusieurs villes du pays, les fonctionnaires prendront la suite le 3 avril. Avec en ligne de mire, l'abrogation de la réforme. Le conclave désormais presque vidé de ses participants se tiendra avec la CFDT, qui a décidé d'y maintenir sa présence et de remettre sur la table la question de l'âge de départ. Même chose pour la CFTC qui entend encore traiter de nombreux sujets ou encore la CFE-CGC qui enjoint les organisations patronales à «clarifier leur position». Néanmoins, si un autre départ devait avoir lieu, l’avenir du conclave s’inscrirait en pointillés. Une question de légitimité, évoquent certains interlocuteurs.