
2024, l’année où la France a connu quatre Premiers ministres ! Après Elisabeth Borne, Gabriel Attal et Michel Barnier, voilà que le président du MoDem François Bayrou a été nommé chef du gouvernement à Matignon, ce vendredi 13 décembre. L’avenir dira s’il y fera le même passage éclair que ses deux derniers prédécesseurs… En tout cas, il a du pain sur la planche, notamment en matière de mesures pour l’automobile. Sa nomination pourrait notamment peser dans la balance de quelques dossiers urgents, et laissés en suspens par le précédent Premier ministre en poste, Michel Barnier.
La censure du gouvernement avait tout d’abord empêché l’adoption du projet de loi de finances (PLF). Et donc renvoyé à plus tard la réforme prévue du malus automobile, qui s’applique aux modèles les plus polluants. Rappelons qu'il était envisagé, au premier janvier prochain, de déclencher le malus dès qu’un véhicule émet 118 grammes de CO2 par kilomètre, au lieu de 113 grammes de CO2 aujourd’hui. Il était aussi prévu de relever son plafond à 70 000 euros, au lieu de 60 000 euros maximum aujourd’hui. Selon le même PLF 2015, le malus au poids devait lui se déclencher quand le véhicule pèse 1,5 tonne, et non plus 1,6 tonne. L’abandon du texte de finances entraîne également, pour le moment, le report d’un éventuel malus sur les voitures d’occasion, qui n’y sont toujours pas soumises… Alors que quelques jours seulement restent avant la date butoir du 31 décembre, le malus écologique pourrait être une priorité lors des prochains débats. A voir de quelle manière le nouveau Premier ministre pourrait mettre son grain de sel dans ces textes.
Pas sûr que François Bayrou multiplie les radars en France
Mais la nomination de François Bayrou à la tête du gouvernement pourrait rebattre les cartes sur de nombreux autres sujets, qui touchent aussi directement le portefeuille des automobilistes. Est-ce une bonne nouvelle ? Ce Béarnais d’origine, à la carrière politique impressionnante, avait plaidé, lors de la campagne présidentielle de 2012, pour une politique de sécurité routière équilibrée, en se positionnant contre l'amnistie des PV. Et en prônant davantage de prévention et de pédagogie, plutôt qu’une politique de répression excessive. Pas sûr donc qu’avec lui, se multiplient les radars fixes ou mobiles… Il défendait aussi le développement de carburants alternatifs pour réduire la dépendance au pétrole de la France. Et évoquait, en parallèle, son opposition à tout blocage des prix des carburants fossiles. Ce qui pourrait le placer face à des attentes fortes, dans un contexte de hausse persistante des tarifs appliqués à la pompe.
Sur l’industrie automobile, Bayrou a défendu à plusieurs reprises l’innovation et le Made in France pour préserver ce pilier stratégique de l’économie française, jusqu’à vouloir créer un label permettant au consommateur de savoir quelle part du produit a été fabriquée dans l'hexagone. En 2016 enfin, François Bayrou s’était de nouveau engagé sur le sujet de la privatisation des autoroutes. Maire de Pau à l'époque, il dénonçait «un scandale démocratique» dans la gestion de ce dossier, après l'annonce par le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies d'une augmentation du tarif des péages. «On a privatisé en créant des sources de bénéfices considérables pour les entreprises privées qui ont repris les autoroutes, on ne cesse d'allonger la durée de ces concessions, en prétendant que ça va arranger les choses». Alors que ces concessions privées vont arriver les unes après les autres à leur terme, les automobilistes peuvent-ils donc espérer voir les tarifs baisser ?
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