
Une réorganisation, une réforme, une révolution même… Pour éviter de nombreuses lourdeurs administratives, et surtout réaliser des économies substantielles, le Premier ministre veut tout remettre à plat. C’est ce qu’il explique dans un entretien accordé au Parisien à la veille d’annonces prévues à Chartres ce mardi. A son appel, tous les préfets seront réunis à la préfecture d’Eure-et-Loir où François Bayrou va «annoncer une réorganisation complète de l’État, localement, autour des préfets». Selon lui, le système actuel «avec son éclatement d’institutions, d’administrations et d’agences indépendantes, les unes des autres, est très cher et inefficace» et surtout, «personne ne s’y retrouve».
Pourquoi confier un tel rôle aux préfets ? Car le Premier ministre le rappelle, un préfet n’a pas la main sur tous les sujets et lorsqu’il s’agit d’arbitrer, cela pose souvent des problèmes. «On va faire en sorte qu’il y ait un responsable, qui commande et à qui on demande si besoin des comptes», assure François Bayrou auprès du Parisien, qui rappelle la nécessité de «veiller encore plus à l’utilisation de l’argent public pour qu’il soit utilisé à bon escient».
Vers des fusions et suppressions d’opérateurs
Ces annonces se font dans le cadre des 40 milliards d’euros d’économies que le gouvernement cherche en vue de 2026, or avec la multiplication des agences d’Etat ces dernières années, il y aurait beaucoup d’argent à récupérer. Nos confrères citent l’exemple d’entrepreneurs qui voudraient investir dans une usine ou dans l’hôtellerie, mais qui sont confrontés à une usine à gaz administrative : ministère de la Transition écologique, fisc, service de l’urbanisme ou encore architectes des Bâtiments de France… autant d’interlocuteurs qui n’ont pas forcément les mêmes critères pour délivrer leur accord.
C’est dans ce cadre que le Premier ministre devrait annoncer des fusions ou suppressions d’opérateurs. Le locataire de Matignon assure que ce qu’il proposera le 15 juillet (présentation du Budget) a été «a été concerté avec les administrations». Toutefois, selon Le Parisien, des réunions auraient été «musclées», notamment avec les ministères de l’Education nationale ou de la Santé. François Bayrou le sait, des projets similaires ont été présentés depuis dix ans et «ne sont jamais allés au bout».
Aujourd’hui, il espère le contraire. Toutefois, parviendra-t-il à réunir autour de lui ? «Lutter contre l’inflation de structures et d’administrations parallèles est un chantier nécessaire», confesse auprès du Parisien le député Liot d’Eure-et-Loir Harold Huwart. Si une mise au point avec ses ministres semble dans ses cordes, pourra-t-il passer outre l’absence de majorité à l’Assemblée nationale ?




















