
Jusqu’à 70% d’abattement sur l’avantage en nature grâce à l’éco-score : la publicité pour un nouveau modèle de voiture 100% électrique, avec 750 kilomètres d’autonomie (une DS N° 8), donne le ton. Même si la Commission européenne a révisé son règlement CO2 en passant d’une interdiction pure et simple de la vente de moteurs à essence ou diesel à un quota de 90% de véhicules zéro émission en 2035, on ne peut plus reculer : la décarbonation est en marche.
Alors que les prix augmentent à la pompe et que la pression en matière de responsabilité sociétale (RSE) s’accroît, tout pousse à se mettre au vert. D’autant plus qu’une voiture de fonction, qui peut être utilisée à titre personnel comme professionnel (au contraire d’une voiture de service), n’est pas seulement le symbole statutaire du cadre : elle participe de l’image de l’entreprise – ou de son patron s’il est le seul à en bénéficier.
Comme la gestion d’une flotte automobile, le choix d’une voiture de fonction est largement «drivé» par la fiscalité. Or, l’avantage en nature (AEN) a amorcé un grand virage pour les véhicules livrés depuis le 1er février 2025. Longtemps privilégié, le diesel ne bénéficie plus de passe-droit : l’AEN est calculé sur les taux standards, sans abattement particulier.
L’avantage en nature de l’électrique
Pour tous les véhicules thermiques qui sont achetés, l’AEN est calculé sur la base de 15% du coût d'achat (20% si le carburant est pris en charge par l’employeur), voire 10% (et 15%) s’ils ont plus de cinq ans. S’ils sont loués, l'évaluation est effectuée sur la base de 50% du coût global annuel (location, entretien, pneumatiques, assurance). Si la carburant est pris en charge, l’AEN passe à 67% du coût global.
L’avantage en nature est bien plus favorable pour les voitures électriques ou hybrides. Jusqu’à la fin 2027, l’abattement sur l’AEN peut monter à 70%, dans la limite de 4 582 euros par an. Mais à une condition : la voiture doit avoir obtenu la certification éco-score. De quoi s’agit-il ? L’Agence de la transition écologique (Ademe) établit un score du véhicule, non pas lié aux émissions de CO₂ à l’échappement (nulles pour un 100% électrique), mais sur l'ensemble de son cycle de vie, c’est-à-dire de sa production à son recyclage (plus il y a de remploi des composants, meilleur est l’éco-score). Cela exclut donc, non pas les marques, mais les voitures fabriquées ou assemblées en Chine, en Corée ou aux Etats-Unis notamment. Chez Tesla, par exemple, seul le modèle Y (produit à Berlin) est éligible.
Pour accéder à l’abattement fiscal renforcé de 70%, le véhicule doit être dans la liste officielle de l’Ademe, présenter une masse en ordre de marche (son poids à vide et un poids forfaitaire pour le conducteur et ses bagages, inscrit sur la carte grise) inférieure ou égale à 2 400 kilos et… un prix d’achat inférieur ou égal à 47 000 euros. En clair, cela favorise les citadines et berlines compactes électriques, type Renault Scenic et Megane E-tech, ou Peugeot E-3008, mais tous les utilitaires sport (SUV) haut de gamme ne passent pas l’éco-score minimal (de 60 points sur 80). Dès lors, l’évaluation de l’AEN est identique à celle des voitures thermiques, et ne peut prendre en compte des frais de recharge en électricité.
Malus : les hybrides rechargeables n’y échappent plus
L’hybride ne suffit pas
Même si le nouveau calcul de l’AEN peut paraître contraignant, ce n’est rien au regard des malus infligés. Le principe : taxer de plus en plus la mise à la route de moteurs thermiques, mais pas seulement. Depuis janvier, le malus au poids (selon la date d’immatriculation) a été abaissé à 1,5 tonne (contre 1,6 tonne en 2025). De plus, la loi de finances pour 2026 exonère les 100% électriques et hydrogènes, mais plus les hybrides (type BMW X3 xDrive30e ou Volvo XC60 Recharge), souvent lourds et qui roulent en fait surtout au moteur thermique. Le malus CO₂, progressif, voit quant à lui son seuil de déclenchement abaissé (à 5 grammes par kilomètre) et son plafond remonté à 80 000 euros (contre 70 000 euros en 2025).
Pour éviter de partir dans le décor, il faut donc prendre en compte la fiscalité environnementale qui s’applique depuis le 1er mars en vertu de la loi de finances pour 2026, mais aussi se projeter sur 2027. Car les barèmes de la taxe annuelle sur les émissions de CO₂ (la première composante de l’ex-TVS) et de celle sur les polluants atmosphériques (la seconde composante) vont encore augmenter l’an prochain. Enfin, la taxe sur le verdissement de la flotte incite les entreprises (qui ont plus de cent véhicules) à acquérir des véhicules légers (de tourisme, utilitaires et quads) à faibles émissions, sous peine d’une imposition annuelle.
En plus de la fiscalité, pour une voiture de fonction, il reste nécessaire d’évaluer un coût global : prix d’acquisition, coût de l’énergie, entretien et valeur résiduelle, c’est-à-dire le prix à la revente. Investir dans des bornes de recharge pour certains modèles a un impact à court terme, mais l’énergie électrique et l’entretien de ces véhicules présentent un moindre coût qu’avec les moteurs thermiques. Quant au risque de la revente, sur un marché de l’occasion électrique assez volatil, il peut être contourner avec la location longue durée (LLD) qui permet aussi de tester une nouvelle motorisation. Tesla Model Y, BMW iX1, Peugeot e-3008 ; Renault Scenic E-Tech, Audi Q4 e-tron, Mercedes EQA : les classements montrent que le 100% électrique l’emporte pour les voitures de fonction.
Faut-il privilégier la LLD ?
La location longue durée (LLD) repose sur un contrat (de 24 à 72 mois) sans option d’achat, au contraire de la LOA (location avec option d'achat). Ainsi, vous ne prenez pas le risque de revente le moment venu. Vous disposez d’une voiture neuve, le nombre de kilomètres roulés est défini (de 10 000 à 60 000 kilomètres par an), les loyers sont fixes et l’entretien inclus (révisions, vidanges, freins, avec l’assistance et le dépannage ainsi qu’un véhicule de remplacement en cas d’immobilisation). Vérifiez les prestations avant de signer, notamment l’assurance automobile en option, car elles varient d’un loueur à l’autre.
Respectez bien les clauses jusqu’à la restitution, surtout le kilométrage (les frais supplémentaires sont stipulés au contrat). En bon état (un expert mandaté par le loueur le vérifie) et sans dépassement kilométrique, la voiture vous reviendra moins cher en LLD qu’en LOA ou à crédit. Sinon, les pénalités peuvent réduire l’avantage financier. Ainsi, tous les trois ou quatre ans, vous roulez dans un autre modèle récent. Mais, si vous voulez garder la même voiture plus de cinq ans, la LLD n’est pas adaptée.
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