Ils présentent des risques en tous genres : d’étranglement, d’incendie, chimiques ou encore pour la santé. Autant de produits vendus la plupart du temps sur des sites de e-commerce étrangers et épinglés au fil des mois par la Répression des fraudes, souligne BFM. Or, sur les tests réalisés principalement sur les sites Temu, Shein et AliExpress, il s’avère que trois quarts des produits sont «non conformes» et 46% sont «dangereux», selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Comment ont procédé les enquêteurs de la DGCCRF ? Ils ont sélectionné plus de 600 produits jugés «à risque» sur sept plateformes étrangères au total, entre avril 2025 et avril 2026. Ils ont mis l’accent sur de fausses promotions ou l'absence d'étiquetage clair. Il s’agit autant de bijoux que de jouets ou d’appareils électriques. Et le bilan de ces tests chocs fait froid dans le dos. Parmi les dangers les plus importants, on retrouve des «risques d'étouffement ou d'étranglement dus à la présence de petits éléments détachables dans des produits destinés aux enfants», comprendre ainsi les jouets ou les peluches.

73% d’appareils pour la coiffure dangereux

Mais il existe également des «risques de chocs électriques et d'incendie pour des appareils électriques et électroménagers». C’est le cas plus particulièrement dans le domaine de la coiffure, précise Franceinfo, puisqu’avec 73% des produits testés se sont révélés dangereux, que ce soit des sèche-cheveux ou des lisseurs, dont certains présentent également un risque d’incendie. Dans les bijoux, des traces de cadmium ont été retrouvées, et dans les jouets, les enquêteurs pointent du doigt l’emplacement des piles, facilement accessibles et pouvant entraîner un risque d'ingestion pour les enfants.

Il y a enfin des risques pour la santé «en raison de substances chimiques présentes en quantités excessives» et en contact direct avec la peau. Au total, la DGCCRF a fait retirer de la vente plus de 100 000 produits, dont 57 000 jouets. Elle précise, sans nommer les sites, que des enquêtes sont encore en cours, mais ne laisse guère de doutes au suspense puisque ces plateformes captent «entre 8 et 38 millions de visiteurs mensuels uniques en France». Selon Bercy, l'absence de contrôle par les sites eux-mêmes est «systémique» et les risques pour la santé et la sécurité des consommateurs sont «généralisés».

Une cellule interministérielle s’est réunie pour la première fois

Raison pour laquelle une cellule interministérielle baptisée VigE-commerce s’est réunie pour la première fois ce mercredi 29 avril. Elle a pour but de «surveiller et lutter contre les dérives» des plateformes de vente en ligne. «C'est la première fois dans l'histoire du commerce qu'on a des acteurs qui contournent à ce point les règles et les normes», laisse entendre le ministère. Après la publication de ces résultats, la plateforme Temu a annoncé auprès de France Inter «renforcer son dispositif de conformité produits» avec QIMA. Elle veut ainsi «renforcer la conformité et la sécurité des produits vendus sur l'ensemble de la plateforme» grâce à ces tests qui «seront directement intégrés au Centre des vendeurs de Temu, rendant ainsi les outils de conformité accessibles aux vendeurs».