
Le trafic aérien est en forte hausse depuis la fin de la pandémie de Covid-19. Et même si les passagers ont été moins nombreux en France l’an dernier, ils n’ont pas été épargnés par les retards. Selon AirHelp et Flightright, près de 30% des vols opérés dans l’Hexagone en 2025 ont connu des retards. Les raisons sont diverses, et d’ailleurs, certaines compagnies se distinguent tristement, comme TAP Portugal qui affiche un taux de retard de 47%, ou encore EasyJet (plus de 43%) et Ryanair (41%). Air France n’est pas en reste avec quasiment 37% de retards en 2025.
En cas de vol annulé ou retardé, il est évidemment possible de se faire indemniser ou rembourser. Un accord européen prévoit en effet des mesures en faveur des passagers. Les indemnisations sont calculées en fonction de la distance du vol entre 250 euros (moins de 1 500 km) et 600 euros (3 500 km). Cette indemnité est due en plus du droit au remboursement du prix complet du billet d’avion. Mais les montants de l’indemnisation peuvent être réduits de 50% si un prochain vol disponible permet d’arriver à destination avec moins de deux, trois ou quatre heures de retard par rapport à l’horaire du vol initial. En revanche, qu’en est-il quand on réserve via une plateforme ?
Une composante du prix du billet d’avion
C’est ce sur quoi portait le litige entre la compagnie hollandaise KLM et une association autrichienne de protection des consommateurs, le Verein für Konsumenteninformation pour être précis. Et un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) vient faire jurisprudence, révèle AirMag. A l’origine, des Autrichiens avaient réservé des billets pour des voyages entre Vienne et Lima (Pérou). Leur vol ayant été annulé, KLM avait consenti à rembourser les billets, mais les usagers s’étaient vus retrancher 95 euros sur le total payé. Pourquoi ? Car il s’agissait de frais d’intermédiation facturés par l'agence de voyages.
Or, KLM assurait ne pas en avoir eu connaissance ni avoir découvert leur montant exact. Sauf que dans son arrêt, la CJUE a conclu tout le contraire : «Ce prélèvement étant une composante ‘inévitable’ du prix du billet d’avion, il doit être considéré comme étant autorisé par la compagnie aérienne. Partant, la compagnie aérienne doit rembourser la commission», peut-on lire. Selon AirMag, une précédente jurisprudence obligeait les transporteurs à rembourser les commissions s’ils en avaient eu connaissance.
Un remboursement des frais, quoi qu’il arrive
Mais l’action menée par l’association autrichienne précise davantage les choses et semble renforcer encore un peu plus le droit des voyageurs puisqu’elle souligne que la compagnie ne doit pas nécessairement connaître le montant exact de la commission appliquée par l’intermédiaire. Dans tous les cas, elle doit rembourser. Une bonne nouvelle alors que début février doit entrer en vigueur un nouveau décret. Il prévoit l’obligation pour un passager d’engager une médiation préalable avant d’assigner une compagnie. Mais l’assignation sera payante, ce qui pourrait dissuader de nombreux consommateurs…
>> Notre service - vol annulé / retardé, êtes-vous éligible à une indemnisation ?


















