
La hausse brutale du prix du kérosène bouleverse le transport aérien mondial. En première ligne, les compagnies low-cost comme Ryanair, Transavia ou Volotea multiplient les ajustements de programme, avec des suppressions de vols qui pourraient impacter directement les départs en vacances cet été. Dans un contexte de forte tension sur les carburants, liée à la guerre au Moyen-Orient et au blocage du détroit d’Ormuz, les transporteurs à bas coûts sont les plus fragilisés. Leur modèle repose sur des marges réduites, ce qui les rend particulièrement sensibles aux variations du prix du kérosène.
Résultat : certaines liaisons jugées moins rentables commencent à disparaître des plannings, rapporte Le Télégramme. Plusieurs compagnies ont déjà pris des mesures. Certaines réduisent leur programme estival, d’autres suppriment des liaisons entières. «Ce n’est pas inhabituel pour les transporteurs d’ajuster leurs plans de vol à cette époque de l’année», souligne Dudley Shanley, analyste financier de la banque d’affaires Goodbody, interrogé par l’AFP. Mais il prévient : «si les prix du kérosène restent à ces niveaux, il faudra encore un peu tailler chez les compagnies low-cost».
Un risque de hausse des prix des billets
Face à cette situation, certains professionnels du tourisme appellent les voyageurs à réserver plus tôt leurs billets afin d’éviter les mauvaises surprises. Les annulations ou réductions de fréquence pourraient en effet se multiplier à l’approche de l’été. Du côté des compagnies, le message est clair : il faut ajuster l’offre à un contexte devenu plus incertain, marqué à la fois par la hausse des coûts et par une demande plus fragile que prévu.
Pour les autorités européennes comme pour certains experts du secteur, les conséquences pourraient être visibles dès les prochains mois. La réduction de certaines liaisons pourrait entraîner une hausse des prix et une baisse de la disponibilité sur les destinations touristiques les plus demandées. Une perspective qui inquiète les acteurs du tourisme, alors que la saison estivale approche. «Hélas il est probable que les vacances de beaucoup de gens seront touchées, soit par des annulations de vols, soit par des prix des billets très, très élevés», prévenait sur SkyNews le 22 avril le commissaire européen à l’Energie Dan Jørgensen.
Des suppressions de vols en cascade
Dans les faits, plusieurs compagnies ont déjà revu leur programme à la baisse. Air Transat a réduit de 6% son programme de vols entre mai et octobre. Air Asia a supprimé plusieurs liaisons, dont Bangkok Don Muang–Shanghai, sans préciser le volume total concerné. Lufthansa a, de son côté, annoncé la suppression de 20 000 vols d’ici fin octobre et la fermeture de sa filiale régionale CityLine.
De son côté, Air France-KLM a annulé 2% des vols de Transavia en mai et juin, contre moins de 1% pour KLM sur ses liaisons européennes. Enfin, Ryanair justifie ses propres ajustements non pas par le prix du kérosène mais par une «fiscalité stupide» en Allemagne, avec une réduction de moitié de ses vols depuis Berlin à partir d’octobre et une baisse de 10% de son programme depuis Dublin cet été.
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