L’été devrait être plus tranquille que prévu pour le secteur aérien français. Alors que la guerre au Moyen-Orient apporte son lot d’inquiétudes, dont une flambée du prix du kérosène, le président de la Fnam (Fédération nationale de l'aviation), principale association du secteur aérien et dirigeant de Corsair, a affirmé «ne pas attendre un été compliqué», selon BFMTV. Toutefois, «nous restons prudents dans le constat à date avec un environnement imprévisible et un impact majeur du conflit sur nos entreprises avec la flambée du coût du kérosène», rappelle Pascal de Izaguirre, ce mardi 12 mai.

Pour le moment, les compagnies aériennes ne constatent pas «d’affaissement de la demande» pour l’été. «Quand on regarde l'évolution de notre carnet de commandes de réservations pour l'été, on est au même niveau que l'an dernier. Nous n'avons pas d'inquiétude à ce stade sur la robustesse de la demande et on anticipe tous un été plutôt convenable, une bonne saison d'été», précise le patron de la Fnam. Un optimisme qui s’explique notamment par la modération des compagnies en matière d'augmentation des tarifs.

Pas de pénurie de kérosène prévue

«Elles sont restées très raisonnables pour ne pas casser la dynamique de l'été, ces augmentations sont loin de compenser la hausse de leurs coûts», souligne-t-il. Ainsi, les annulations de vols pour faire des économies sont quasi nulles puisque «même pas 2% d'annulations» ont été observées au sein des compagnies françaises. «C'est marginal et c'est ciblé, plutôt en mai et juin qui sont des mois creux mais pas pour cet été, ce serait se tirer une balle dans le pied de ne pas assurer les programmes de vols estivaux. Il n'y a pas de crainte à avoir d'annulation pour telle ou telle raison commerciale, notamment pour l'été», assure-t-il.

Même constat pour l'approvisionnement en kérosène, notamment grâce «à la mobilisation du gouvernement». «Nous avons eu des réponses précises de l'État et des énergéticiens sur la continuité des approvisionnements et l'utilisation prioritaire des stocks stratégiques. Nous avons donc une bonne visibilité pour cet été, il n'y a pas de craintes à avoir», explique-t-il. Le fait que les compagnies se fournissent désormais en kérosène de type Jet-A produit aux États-Unis renforce cette idée, même s’il peut poser des problématiques de logistique pour les aéroports puisque différents types de carburants ne peuvent pas être mélangés dans les cuves.

Le nouveau système d'entrée/sortie redouté

Malgré cet optimisme, le secteur aérien devrait être confronté à d’autres problèmes. Parmi eux : le système d'entrée/sortie (EES pour Entry Exit System). Mis en place depuis l'automne dernier dans les aéroports européens, ce dispositif permet un enregistrement numérique des franchissements de frontières par les coordonnées et les données biométriques des voyageurs concernés. Pour autant, le EES multiplie les dysfonctionnements techniques depuis le mois d’avril.

En France, «les dispositifs ne sont toujours pas pleinement opérationnels, faisant craindre des engorgements aux frontières. La présence de moyens humains pour accompagner la mise en œuvre de l’EES est indispensable. Par ailleurs, la réglementation européenne doit être amendée pour préserver des possibilités dérogatoires au-delà du mois de septembre afin de garantir la fluidité aux frontières », demande l’association.

Des travaux à Orly perturberont l'été

La performance de la navigation aérienne française est encore «médiocre» selon Sébastien Justum, secrétaire général adjoint du Groupe Air France-KLM, et des travaux à Orly en plein mois d'août sur la piste 4 ne devraient pas arranger la situation. Pas moins de 3 000 vols de l’aéroport parisien seront annulés, reportés ou transférés vers l’aéroport Paris-Charles de Gaulle. Toute une réorganisation est à prévoir pour les compagnies aériennes et donc les passagers.

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