
L’affaire du rappel de laits infantiles Nestlé n’en est peut-être qu’à ses prémices. Depuis le début de l’année, des centaines de boîtes de lait infantile du groupe industriel, de marque Guigoz ou Nidal, ont été rappelées dans de nombreux pays du monde. La cause ? Une potentielle contamination à la bactérie «Bacillus cereus» (ou céréulide). En début de semaine, Radio France apprenait qu’une première enquête judiciaire avait été ouverte à la suite de la mort d’un nourrisson. Son décès début janvier à Pessac, dans la banlieue de Bordeaux, serait intervenu après la consommation de lait Guigoz.
Mais selon les informations de Radio France, une deuxième enquête judiciaire a été ouverte cette fois-ci à Angers (Maine-et-Loire), là encore après le décès d’un nourrisson ayant consommé du lait Guigoz. Le lait appartenait à un lot rappelé ensuite par Nestlé pour une possible contamination à la céréulide. Une information confirmée ce jeudi soir à l’AFP par le procureur de la ville d’Angers, Eric Bouillard. La petite fille de 27 jours est décédée le 23 décembre dans les bras de sa mère. Si, pour l’heure, aucune information ne permet de mettre en cause précisément le lait consommé, des analyses sont en cours.
Aucun lien encore établi, des analyses en cours
Toutefois, la mère de famille a indiqué aux enquêteurs en début de semaine que sa fille avait consommé du lait Guigoz. Le procureur a ainsi saisi «en urgence» un laboratoire. «C'est une piste sérieuse, mais il est beaucoup trop tôt pour dire que c'est la piste principale», a toutefois indiqué le procureur. A ce stade, «aucun lien de causalité» n’est établi entre les deux décès et les laits consommés, mais cette nouvelle information pourrait laisser place à un climat d’anxiété parmi les parents dont les nourrissons consomment ces laits infantiles.
D’autant que, comme l’a dévoilé Radio France en début de semaine, il n’y a, à ce jour, aucun laboratoire national de référence capable d’analyser les laits infantiles en poudre. Il n’existe pas non plus de centre national de référence pour l’analyse des selles des nourrissons. Il existe seulement un laboratoire, rattaché à l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), accrédité pour détecter la toxine incriminée.
Lactalis a rappelé du lait, Danone a bloqué des lots
Après Nestlé, Lactalis a rappelé hier six lots de lait infantile. Sans confirmer l’origine de l’ingrédient, il se pourrait que ce soit le même utilisé par Nestlé. Selon Radio France, l’huile incriminée serait utilisée par un fournisseur chinois. Dans la foulée, Danone a confirmé le blocage par les autorités de Singapour du lait infantile de marque Dumex. Dans un communiqué, le gouvernement assure que «les services de l’Etat sont pleinement mobilisés» et assurent une «surveillance continue».
Si l’origine chinoise de l’huile est désormais confirmée, «il n’a pas été mis en évidence à ce stade de lien de causalité entre la consommation des laits infantiles concernés et la survenue de symptômes chez des nourrissons», précise le gouvernement. Les parents utilisant ces marques sont invités à la plus grande prudence et à bien vérifier les numéros de lots de leur lait.



















