
Nouveau scandale sanitaire en vue ? Début décembre, on apprenait que des laits infantiles du groupe Nestlé, de marque Guigoz ou Nidal, étaient rappelés à cause de la possible découverte de la bactérie «Bacillus cereus», responsable de troubles digestifs tels que diarrhées et vomissements chez les nourrissons. Un rappel étendu le 10 janvier dernier à plus de 50 pays, en Europe, mais également au Brésil ou en Chine. Très rapidement, le directeur général de Nestlé, Philipp Navratil, a présenté ses excuses aux parents.
Selon lui, «aucun cas de maladie liée aux produits touchés n’a été confirmé». Toutefois, comme l’a appris radio France lundi 19 janvier, le décès d’un nourrisson ayant consommé du lait Guigoz a été signalé aux autorités françaises. A ce jour, la poudre de lait, concernée par le rappel, a été soumise à analyse, mais les résultats ne seront connus que la semaine prochaine, car un seul laboratoire en France serait accrédité pour détecter la toxine incriminée. Si aucun lien n’est encore établi entre le décès et le lait, le ministère de la Santé confirme au Parisien que «c’est bien la céréulide qui est suspectée».
Prudence du côté de Nestlé et du ministère de la Santé
Mais dans le même temps, nos confrères indiquent qu’une enquête judiciaire a été ouverte. Toutefois, le pôle de santé publique du parquet de Paris n’en serait pas en charge pour le moment. Du côté de Nestlé, on indique que «la confirmation de tout cas de maladie lié à la consommation du produit nécessite des informations médicales, afin d’écarter également les infections courantes qui présentent des symptômes similaires».
Le ministère de la Santé préfère également prendre toutes les précautions, insistant sur le fait que «l’imputabilité de ce décès avec la consommation du produit incriminé dans le retrait-rappel n’est pas établie». Selon Nestlé, le problème vient d’une huile riche en acide arachidonique, provenant d’un fournisseur. D’autres fabricants pourraient d’ailleurs l’avoir utilisée ce qui pourrait déboucher sur d’autres rappels.
Un rappel trop tardif ?
Selon Radio France, Nestlé aurait tardé à effectuer son rappel alors que le groupe aurait analysé les produits de son usine de Boué (Aisne) dès le mois de décembre. Et si des résultats auraient mis en évidence dès le 26 décembre la présence de la toxine céréulide dans les lots fabriqués sur place, des milliers de boîtes ont bien été bloquées. Toutefois, celles déjà distribuées sont restées plusieurs jours sans rappel. Nestlé ajoute seulement que les retraits ont été effectués «dès que la traçabilité était complète, en coordination avec les autorités».
Aujourd’hui, des parents dont les enfants sont tombés malades en ingérant du lait du groupe s’interrogent. Ayant signalé les faits auprès des autorités sanitaires, il leur aurait été conseillé de ne pas poursuivre leurs demandes d’investigation. Or, selon Radio France, la réglementation est claire en France : dès deux cas de maladie, avec même origine alimentaire, des investigations doivent être menées. Or, cela n’a pas été fait.



















