La polémique avait débuté avec l’implantation de Shein au BHV Marais et s’est amplifiée ce week-end lorsque la plateforme a été accusée d'avoir vendu des poupées à caractère pédopornographique. Ce lundi soir, le géant chinois de la fast fashion a assuré avoir supprimé l'intégralité des annonces et visuels associés aux «poupées sexuelles» et avoir temporairement déréférencé sa catégorie «produits pour adultes» à la suite de l’enquête lancée par la Répression des fraudes. Invitée de BFMTV, la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique est montée au créneau en lançant un avertissement à Shein.

«Le rapport de force avec Shein ne me fait pas peur, j’irai jusqu’au bout avec le soutien du président, du ministre de l’Economie et du Premier ministre», a lancé Anne Le Hénanff, malgré le rapport de force instauré avec l’arrivée mercredi de la plateforme chinoise au BHV Marais. Si elle a d’ailleurs trouvé cette installation «très regrettable dans un magasin emblématique de notre pays», elle a rappelé que quiconque était libre de s’installer s’il respectait les règles.

Shein fermée en cas de récidive ?

Toutefois, elle a mis en garde le patron de Shein : «Soit il se met en conformité du règlement européen et de la loi française, soit il ne le fait pas (…) et il y aura une nouvelle injection», a prévenu la ministre. Et en cas de nouvelle injection ou de «réitération», «nous irons jusqu’à la fermeture de l’accès de Shein en France». En effet, dans la journée, le ministre de l’Economie a laissé entendre qu’en cas de «comportements répétés» et de découvertes de nouveaux produits problématiques, l’autorité administrative peut saisir les fournisseurs d’accès à Internet (Free, Orange, SFR) ainsi que les moteurs de recherche, pour faire bloquer et déréférencer le site.

Par ailleurs, Anne Le Hénanff a confirmé qu’une enquête allait débuter afin d’identifier les acheteurs et les vendeurs : «Le référencement n’est pas virtuel, il y a bien chez Shein des acheteurs qui choisissent les produits», a laissé entendre la ministre, soulignant que les peines prévues par le Code pénal dans le cas d’achats d’articles illicites étaient de cinq ans de prison et de 75 000 euros d’amende.

Quatre enquêtes ouvertes par la justice

Dans la foulée, ce lundi soir, la justice française a confirmé avoir ouvert quatre enquêtes sur les pratiques des géants asiatiques de la vente en ligne que sont Shein, AliExpress, Temu et Wish à la suite de signalements dénonçant la mise en vente d'objets sexuels ayant l'apparence d'enfants. La ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique a par ailleurs salué «la réactivité» de la DGCCRF dès qu’elle a été saisie : «Ils ont réagi très vite, tous les contenus ont été retirés en quelques heures, tout comme l’accès à ces produits», s’est-elle félicitée.