
Avec la flambée des prix des carburants, les finances de l’Etat comme les bénéfices des acteurs du secteur de l’énergie connaissent une nette progression. Entre mars et avril, les recettes fiscales ont progressé de 190 millions d’euros par rapport à l’an dernier, a indiqué ce lundi 4 mai Sébastien Lecornu sur son compte X. Un surplus que le gouvernement assure vouloir réinjecter dans les aides aux Français, notamment les «grands rouleurs». «Ce qu’ils gagnent en plus, ils le donnent d’un autre côté», a réagi Dominique Schelcher, président de Coopérative U, ce mardi sur le plateau de CNews.
Le dirigeant estime toutefois que certains «maillons» de la chaîne pourraient contribuer davantage à limiter les prix à la pompe. «Le maillon aujourd’hui qui je pense pourrait faire plus, et j’avais déjà lancé un appel et je le relance ce matin, c’est le maillon des raffineurs», a-t-il déclaré. Et d’ajouter : «J’ai un immense respect pour TotalEnergies, la formidable réussite de Patrick Pouyanné à la tête de cette entreprise, mais il a une immense responsabilité.»
«Pour que tous les Français en profitent»
Si Dominique Schelcher souligne les efforts déjà réalisés par le groupe, notamment le plafonnement des prix dans ses stations-service, il juge ces mesures insuffisantes. Pour lui, une baisse supplémentaire des prix de gros permettrait à l’ensemble des distributeurs de proposer des tarifs plus bas aux consommateurs. «Il pourrait faire un effort supplémentaire en vendant moins cher à l’ensemble des distributeurs pour que tous les Français en profitent. Les stations TotalEnergies ne touchent pas tous Français, donc s’il nous vendait son carburant un peu moins cher, on pourrait nous aussi le vendre moins cher», a-t-il affirmé.
Cet appel intervient alors que le débat sur les prix des carburants s’intensifie. Dans une interview accordée à La Tribune du Dimanche, le Premier ministre encourage TotalEnergies à aller plus loin dans le plafonnement des prix à la pompe, alors que le groupe a vu ses bénéfices bondir au premier trimestre. Selon le chef du gouvernement, «le bon sens, c'est un plafonnement généreux qui peut redevenir intéressant pour les consommateurs français, qui peuvent voir l'intérêt d'avoir un groupe pétrolier français». En parallèle, plusieurs responsables politiques relancent la question d’une taxation des superprofits réalisés par les grandes entreprises du secteur énergétique.


















