L’objectif est clair : réaliser entre 400 et 600 millions d’euros d’économie par an pour l’Etat. A partir du 1er avril, le plafond pris en compte pour l’indemnisation des arrêts maladie sera abaissé de 1,8 Smic à 1,4 Smic. Cette mesure, qui concerne tous les salariés était inscrite dans le budget de la Sécurité sociale 2025. Pour rappel, la Sécurité sociale prend en charge la rémunération quotidienne d’un salarié en arrêt maladie à hauteur de 50% de son salaire. L’employeur prend ensuite en charge la somme restante, afin d'assurer au salarié le maintien de son salaire à hauteur de 90% minimum durant son arrêt de travail.

Pour mieux comprendre ce qui va changer pour les salariés, précisons que jusqu’à présent, le niveau de prise en charge par la Sécurité sociale d’un arrêt maladie était plafonné pour les salaires supérieurs à 1,8 Smic, ce qui représente 52 euros par jour. A partir du 1er avril 2025, ce seuil sera donc abaissé à 1,4 Smic, ce qui représente 40 euros d'indemnité journalière au maximum. A noter que les mutuelles ou les employeurs auront la possibilité de compenser la baisse des indemnités versés par la Sécurité sociale afin de maintenir le même niveau de rémunération pour les salariés durant les arrêts de travail. Mais pour les moins chanceux qui doivent se contenter des seules indemnités de la Sécu, la perte de revenus pourrait être conséquente.

Jusqu’à 355 euros de perte par mois d’arrêt

Les salariés pénalisés par cette nouvelle mesure sont donc ceux dont le salaire est compris entre 1,4 et 1,8 Smic, et qui ne bénéficient pas du complément employeur. Ainsi, selon nos estimations, un salarié payé 2 882,88 euros brut par mois subira une perte sèche d’environ 177 euros s’il est en arrêt pendant un mois. Et pour ceux dont le salaire atteint 1,8 Smic (3 243,24 euros brut par mois), la coupe est encore plus rude : ils devront tirer un trait sur près de 355 euros. Et si vous touchez plus, vous perdez ce même montant de 355 euros. A noter que ces estimations ne prennent pas en compte les éventuels délais de carence susceptibles de s'appliquer et se fondent sur l'hypothèse d'un maintien de salaire à 100%.

Précisons pour terminer que depuis le 1er mars, les fonctionnaires et les contractuels sont indemnisés à hauteur de 90% de leur salaire durant les trois premiers mois de leur arrêt de travail, contre 100% auparavant. Seuls les assistants maternels et familiaux contractuels employés par les collectivités territoriales échappent aux nouvelles règles d’indemnisation des arrêts maladie dans la fonction publique.