Le débat sur la taxation des ultra-riches est loin d’être clos. Soutenue par la gauche via la taxe Zucman, la mesure est honnie par la droite. Dernièrement, le vice-président des Républicains, Geoffroy Didier, expliquait que l’on «avait atteint un niveau de saturation des impôts» et qu’il fallait «arrêter de faire preuve d'inventivité et d'imagination fiscale» et se «concentrer sur la production de richesse». Mais l’idée d’une taxe des plus grosses fortunes séduit certains à droite, à l’image de Robert Ménard.

Invité du Grand Jury RTL-M6, le maire de Béziers a expliqué clairement que, «vu la situation qui est la nôtre», le fait de «demander à un certain nombre de gens très riches de faire un effort, ça ne (le) choque pas». Cela veut-il dire que les plus fortunés ne paient pas assez d’impôts ? A cette question, le maire de Béziers s’est agacé : «Ils paient assez d’impôts, mais si on se portait bien, je ne leur en demanderais pas plus.» Il a toutefois martelé que, étant donné la situation, «ça ne le choquait pas» de leur demander un effort.

«La droite a tort», selon Robert Ménard

Surtout, l’édile a tenu à envoyer un message à la droite qui se trompe de combat, selon lui. Robert Ménard a établi une comparaison entre «la gauche qui hurle» quand on parle de fraude sociale et «la droite qui hurle» sur ce sujet de la taxation des grandes fortunes. «Je pense que la droite a tort», a-t-il lancé, leur réclamant «un peu de bon sens». D’après Robert Ménard, «dans une période très difficile, on peut demander exceptionnellement plus d’argent à ceux qui en ont les moyens à en donner un peu plus».

Si Robert Ménard considère qu’une telle taxe est de «l’ordre du symbole», cela ne «réglera pas le problème», ajoute-t-il. Avant la nomination de son gouvernement, Sébastien Lecornu avait promis de «la rupture». Le Premier ministre songerait à une «taxe sur le patrimoine financier qui ne touche pas le patrimoine professionnel». Il considérerait d’ailleurs toujours la taxe Zucman comme «dangereuse» pour «l'économie et l’emploi».