«Au travail», a réagi Sébastien Lecornu jeudi 16 octobre, après le rejet de la deuxième motion de censure déposée par le Rassemblement national, alors qu’il quittait l’Assemblée nationale pour se rendre à Matignon. «Vous voyez bien la gravité de la situation dans laquelle nous sommes. Vous voyez bien que c’est difficile. Il fallait que les débats puissent démarrer. Ils vont démarrer», a poursuivi le Premier ministre, interrogé par la presse.

Les discussions autour du projet de budget 2026, déposé mardi 14 octobre par le gouvernement de Sébastien Lecornu, débuteront vendredi 24 octobre à 15 heures. Les députés disposeront de 70 jours pour voter le projet de loi de finances (PLF) et de 50 jours pour adopter le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Parmi les dizaines de mesures proposées par l’exécutif pour ramener le déficit à 4,7% du PIB l’année prochaine, soit environ 30 milliards d’euros d’économies, plusieurs concernent directement les Français. Certaines seront sans doute modifiées ou supprimées au cours de l’examen parlementaire.

Tour d’horizon des mesures qui toucheront le plus de foyers

Le gel du barème de l'impôt sur le revenu

C’est une disposition qui devrait permettre à l’Etat d’économiser 1,9 milliard d’euros. Le gouvernement souhaite geler le barème de l’impôt sur le revenu, revalorisé en principe chaque année en fonction de l’inflation. L’augmentation des prix à la consommation hors tabac devrait atteindre 1,1% en 2025, selon le PLF. Ainsi, les 18 millions de foyers fiscaux qui paient l’impôt sur le revenu devraient verser davantage l’année prochaine. Par ailleurs, certains ménages jusque-là non imposables pourraient devoir de l’argent au fisc. Le barème de la CSG (contribution sociale généralisée) devrait, lui aussi, être gelé. L’objectif, selon l’exécutif, est d’«assurer une juste contribution de chacun».

L’année blanche pour les prestations sociales

Le gouvernement a décidé d’élargir l’année blanche aux prestations sociales, pour un total de 3,8 milliards d’euros d’économies. L’ensemble des dispositifs sera maintenu au niveau de 2025. Selon l’exécutif, la «faible inflation» de cette année devrait «limiter l’incidence sur le pouvoir d’achat des bénéficiaires, tout en ayant un effet majeur pour freiner l’évolution de la dépense sociale». Ainsi, la pension des 17 millions de retraités français ne devrait pas évoluer au 1er janvier 2026, comme c’est habituellement le cas. De même, les montants du revenu de solidarité active (RSA), de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), ainsi que des aides personnalisées au logement (APL), ne seront pas revalorisés. Le gouvernement souhaite, par ailleurs, supprimer les APL pour les étudiants non boursiers étrangers originaires d’un pays non membre de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou de la Suisse.

La suppression de l'abattement de 10% pour les retraités

Mauvaise nouvelle pour les retraités. Le gouvernement veut en finir avec l’abattement de 10% sur les pensions de retraite, qui devrait être remplacé par un abattement forfaitaire de 2 000 euros par an et par retraité, soit 4 000 euros pour un couple. Selon l'exécutif, cette réforme «présente un caractère redistributif et permet de mettre à contribution les retraités les plus aisés tout en rendant le dispositif plus favorable pour les contribuables touchant les pensions les plus faibles».

La fin de la réduction d'impôt pour frais de scolarité dans le secondaire et le supérieur

D’autres niches fiscales sont vouées à disparaître comme la réduction d'impôt pour frais de scolarité dans le secondaire et le supérieur. En 2025, la réduction est de 61 euros pour un collégien, 153 euros pour un lycéen et 183 euros pour un étudiant dans l’enseignement supérieur.

Le doublement des franchises médicales

Cette mesure devrait concerner tous les Français : le gouvernement souhaite doubler les franchises médicales. Ainsi, le montant du reste à charge pour les assurés devrait augmenter sur les boîtes de médicaments, les actes paramédicaux, les transports sanitaires, les consultations médicales, les examens radiologiques et les analyses biologiques. Si le texte n’est pas modifié lors de l’examen, les patients devront désormais participer financièrement à chaque rendez-vous chez le dentiste et pour les dispositifs médicaux tels que les implants ou les prothèses.