
Face à l'envolée des prix à la pompe, l’exécutif veille au grain. Réunis ce lundi 20 avril à Bercy, les principaux acteurs de la distribution ont été appelés à plus de transparence sur leurs pratiques tarifaires, rapporte ICI. Autour de la table, le ministre de l’Economie Roland Lescure et celui du Commerce et des PME Serge Papin ont échangé avec les fédérations professionnelles et les distributeurs indépendants. Objectif : faire le point sur la flambée des prix, dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient qui pèsent sur les marchés pétroliers.
Lors de cette réunion, le ministère de l’Economie a demandé aux distributeurs de détailler précisément «l’évolution et le calcul de leurs marges». Une manière pour le gouvernement de vérifier que la hausse des prix est bien liée aux coûts d’approvisionnement et non à une augmentation excessive des profits. L’exécutif insiste également sur la nécessité de garantir «la loyauté des pratiques» et de «transparence» dans un contexte où les prix des carburants ont fortement augmenté ces dernières semaines. Les professionnels du secteur doivent remettre un compte rendu dans les prochains jours.
La menace du plafonnement des marges
Le gouvernement ne compte pas s’arrêter là. Des «entretiens bilatéraux» entre «l’Etat et chacun des distributeurs» sont prévus d’ici jeudi, avant une nouvelle réunion destinée à tirer les conclusions de ces vérifications. Quelques jours plus tôt, l’exécutif avait déjà exhorté les distributeurs à baisser leurs tarifs, évoquant même la possibilité d’un plafonnement des marges en cas d’inaction.
Du côté des distributeurs, le discours se veut plus prudent. Certains acteurs plaident pour des mesures alternatives, comme la suspension des certificats d’économies d’énergie. Invité sur Europe 1, Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E. Leclerc, a estimé lundi que les prix des carburants ne devraient pas baisser rapidement. Selon lui, la crise énergétique pourrait durer «au moins six mois», voire «jusqu’à l’hiver prochain».



















