Sébastien Lecornu tape du poing sur la table. Alors que la France continue de faire face à une envolée des prix à la pompe, le Premier ministre s’est agacé ce jeudi 23 avril sur le refus des distributeurs de limiter leurs propres marges. En déplacement à Marseille où il a fait plusieurs annonces en matière de logement pour répondre à la crise du secteur immobilier, le locataire de Matignon a été interrogé sur une possible suppression de la taxe CEE.

Cette taxe à hauteur de 16 centimes sur les prix des carburants sert aujourd’hui à financer les certificats d’économies d’énergie en subventionnant les travaux de rénovation énergétique. Si l’idée de cette suppression ne cesse de revenir sur le devant de la scène politique, notamment de la part de Jordan Bardella, Sébastien Lecornu, lui, y reste opposé. «Les C2E, c’est très facile de taper dessus parce que personne ne comprend rien exactement à comment ça fonctionne», a dénoncé le Premier ministre. Pour le chef de l’exécutif, supprimer ces certificats reviendrait en effet à toucher «au bout du tuyau» et à «tous les Français qui sont engagés dans des chantiers de rénovation de leur maison, de leur appartement», a-t-il précisé, arguant dans le même temps que cela consisterait à mettre «un énorme plan social sur l’ensemble des entreprises du bâtiment de ce pays», rapporte Le Parisien.

Appel à diminuer les prix à la pompe

Si, pour l’heure, la situation reste toujours très tendue au Moyen-Orient, Sébastien Lecornu a réitéré un appel aux distributeurs pour baisser les prix des carburants lorsque le prix diminue sur les marchés. Expliquant que nous devons actuellement faire face à une volatilité des prix des carburants en raison de la guerre, le Premier ministre a estimé que dans le cas où les prix baissent, alors cette chute des prix doit aussi se faire dans les stations-service. «Quand ça augmente vite sur les marchés, ça augmente vite à la pompe», mais «quand ça diminue (…) ça diminue moins vite à la pompe», a-t-il déploré.

Face à ce constat, Sébastien Lecornu entend bien continuer de mettre la pression sur les distributeurs. Dans cette optique, le Premier ministre qui plaide malgré tout pour laisser sa place au dialogue - même s’il admet ne pas être «complètement d’accord sur les manières de voir les choses avec les grands distributeurs» -, a demandé à ses ministres d’objectiver une bonne fois pour toutes ce qui s’était passé avec les marges de ces derniers. Par ailleurs, Sébastien Lecornu n’a pas manqué de rappeler à demi-mot que le gouvernement a d’ores et déjà travaillé sur un texte visant à encadrer les marges des distributeurs. Un projet de décret en ce sens a ainsi déjà été préparé.