Le gouvernement veut agir. Invité de RTL, mardi 21 avril, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a annoncé que les «mesures de soutien» pour lutter contre la hausse drastique des prix des carburants vont être reconduites au mois de mai. «On avait des mesures de soutien au mois d'avril et on va poursuivre cela au mois de mai», a déclaré le patron de Bercy. Pour rappel, le gouvernement avait annoncé, en avril, 130 millions d'euros d’aides : 70 millions pour les transporteurs, les pêcheurs et les agriculteurs ainsi que 60 millions pour renforcer le chèque énergie.

Cette décision s’explique notamment par les tensions toujours accrues entre les États-Unis et l’Iran qui ne favorisent pas une baisse des tarifs à la pompe. En ce sens, le Premier ministre Sébastien Lecornu va faire de nouvelles annonces en fin de journée ce mardi, a révélé Roland Lescure. La guerre au Moyen-Orient pourrait aussi entraîner le pays dans une crise de l’ordre «de 4 à 6 milliards d'euros», tandis que la croissance sera révisée de -0,1 point, la ramenant de 1,0% à 0,9%.

Quatre milliards d’euros de mesures supplémentaires pour freiner la crise ?

Une réunion du comité d'alerte des finances publiques, prévue ce mardi, devrait donc être l’occasion pour le gouvernement de dévoiler des mesures d'économies supplémentaires pour compenser. «Cette crise est encore extrêmement incertaine dans son déroulement, dans son impact économique et dans son impact sur les finances publiques», a expliqué le ministre. Ce comité d'alerte, créé l'an dernier, s’est réuni, mardi à 9 heures à Bercy, en présence des ministres des Comptes publics David Amiel, du Travail Jean-Pierre Farandou, de la Santé Stéphanie Rist et de l'Aménagement du territoire Françoise Gatel.

Des parlementaires, des représentants des élus locaux, de la Sécurité sociale et de l'État, des syndicats étaient aussi de la partie dans l’objectif d'alerter sur les risques de dérapage budgétaire. «On est dans une logique de précaution : on ne va rien annuler mais on peut être amenés à prendre des mesures de précaution. On gèle des dépenses, on peut les dégeler si cela va mieux… On va mettre en place ces mesures de précaution et c'est ce que l'on va annoncer aux parlementaires», a détaillé Roland Lescure. Quatre milliards d’euros de mesures supplémentaires devraient être envisagées, selon un courrier de Matignon envoyé au gouvernement.

Pas d'augmentation d'impôt prévue

La demande de l'insoumis Éric Coquerel qui prévoit une augmentation d’impôts avec une taxe à destination de ceux qui ont tiré profit de la situation actuelle, à l'image des groupes pétroliers, a été rejetée par Roland Lescure. «On n'est pas un pays producteur de pétrole, on ne va pas avoir d'ardoise magique pour effacer les effets de la crise. Imaginer que l'on va régler le problème de la crise iranienne par un prélèvement supplémentaire, je pense qu'on se met le doigt dans l'œil», a-t-il répondu.