Coup de poker ou baroud d’honneur ? François Bayrou a annoncé, à la surprise générale, ce lundi 25 août, qu’il sollicitera un vote de confiance le 8 septembre devant l’Assemblée nationale. Le Premier ministre entend engager la responsabilité de son gouvernement à l’issue d’une déclaration de politique générale, afin de faire valider son diagnostic sur la situation de surendettement et la nécessité d’y répondre. Objectif ? Obtenir un soutien clair à sa stratégie budgétaire. En cas de désaveu, il tirera les conséquences en quittant ses fonctions.

D’après l’article 49 alinéa 1 de la Ve République, le Premier ministre, et lui seul, peut engager la responsabilité du gouvernement devant les députés, à la suite d’une déclaration de politique générale et seulement après délibération du Conseil des ministres, comme l’explique Vie publique. Ce recours n’est donc ni automatique ni systématique : certains gouvernements n’y ont jamais eu recours. Un tel vote implique d’abord un débat public à l’Assemblée, suivi d’un vote — par scrutin public — où seule la majorité des suffrages exprimés est requise.

Un pari politique perdu d’avance ?

Le vote de confiance se distingue ainsi de la motion de censure, qui vise souvent à renverser l’exécutif et nécessite une majorité absolue de l’Assemblée. En cas de rejet, l’article 50 de la Constitution impose au Premier ministre de remettre la démission de son gouvernement au président République.

Le recours à cet outil est étroitement lié à la stabilité de la majorité parlementaire. Depuis 2022, en l’absence d’une majorité absolue, les Premiers ministres Elisabeth Borne, Gabriel Attal, Michel Barnier, puis François Bayrou ont évité cette démarche, jugée trop risquée en l’absence de garantie de succès.

Cette fois, toutefois, le contexte de crise budgétaire rend le pari politique presque inévitable : François Bayrou tente le tout pour le tout afin de consolider sa légitimité et d'imposer un cap clair à sa majorité. Un pari qui paraît d’autant plus périlleux que le RN, LFI, les écologistes et les socialistes ont déjà fait savoir qu’ils voteront contre.