Que s'est-il passé le 12 juin dernier, pour que le Boeing 787 d'Air India s'écrase moins d'une minute après son décollage de l'aéroport d'Ahmedabad ? Alors que les proches des 260 personnes mortes dans ce crash sont toujours en deuil, les deux boîtes noires de l'appareil ont parlé. D'après le rapport préliminaire rendu public il y a quelques jours, l'enregistrement des échanges entre les deux pilotes révèle une coupure de l'alimentation en kérosène des deux moteurs du Boeing.

D'après plusieurs experts, cette coupure ne peut pas être accidentelle. Le 12 juillet sur TF1, l'ancien pilote Gérard Feldzer, président d'Aviation sans frontières, expliquait que les commandes d'alimentation en kérosène ne peuvent être baissées par erreur, car elles nécessitent une succession de manipulations bien précises : «Il s’agit d'un acte volontaire et non pas une fausse manipulation. Il n'y a pas eu de cross check de l’autre pilote pour le valider. Au contraire, il lui a demandé pourquoi il a coupé le moteur».

Deux associations de pilotes veulent être associées à l'enquête

Pour l'heure, si le rapport évoque la piste d'une implication humaine, il écarte celle d'un acte volontaire. Mais d'ores et déjà, certains font entendre leur mécontentement : comme le relaie Ouest-France, deux associations de pilotes indiens dénoncent une enquête précipitée et biaisée. Selon ses membres, il est prémédité d'évoquer une implication humaine – donc, celle de leurs deux collègues décédés.

L'Association des pilotes de ligne indiens (ALPA) exige d'être associée à l'enquête en tant qu'observateur, tandis que l'Association des pilotes commerciaux indiens (ICPA) s'élève contre les rumeurs de suicide d'un des deux hommes. Mais les conclusions du rapport ne sont pas définitives. Il faudra encore plusieurs mois avant de terminer l'analyse des boîtes noires.